‹ Essais de persuasionChapitre 80 sur 120 · COTE · texte numérisé non relu

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mouvement suffisante pour pratiquer la politique de Mr. Mc Kenna? |

Ge qui compte, ce n’est pas une abstraction qu’on nomme niveau général des prix, mais les rapports entre les différents niveaux de prix qui définissent la valeur de notre monnaie selon les différents usages qu'on veut en faire. La prospérité, dans la mesure où interviennent les facteurs monétaires, dépend de ce que les différents niveaux se trouvent bien ajustés les uns aux autres. Le chômage et la crise proviennent en Angleterre d’une rupture de l’équilibre existant entre le niveau des prix en livre des articles de commerce internationaux, et la valeur intérieure de la livre par rapport à l’usage que fait l’Anglais moyen de ses revenus. De plus dans la mesure où nous parvenons à nous rapprocher du nouvel équilibre qui découle d’une hausse générale des prix en livre, nous augmentons le boulet de la dette nationale et aggravons le problème budgétaire. Si la Banque d'Angleterre et la Trésorerie parvenaient à ramener le niveau des prix intérieurs protégés à un équilibre avec le niveau des prix mondiaux elles augmenteraient ipso facto le poids réel de la dette nationale de £ 1.000.000.000 par rapport à il y a deux ans.

Or, Mr. Mc Kenna semble considérer que le déséquilibre qui existait certainement il ÿ a deux ans, à disparu depuis. « Aujourd’hui, nous dit-il, cette question n’a plus qu'un intérêt historique. » Mais les faits ne confirment pas cette façon de voir. Bien loin d’avoir disparu, la disparité de niveau des prix est plus grande aujourd’'hui qu'il y a deux ans.

Comment avons-nous donc vécu entre temps? La véritable source de l’optimisme qu’on trouve sur les lèvres des Présidents, réside dans le fait que nous n’avons pas eu à supporter de sacrifices tellement considérables que nos ressources n'aient suffi à les combler. Y a-t-il là un aussi grand paradoxe qu'il paraît au premier abord? Et est-ce tellement rassurant?

Nous avons, c’est certain, comblé le déficit de notre balance d’une part en puisant dans les masses de réserves que nous possédions, et de l’autre en augmentant pendant la grève des mineurs nos emprunts à cour terme sur tous les marchés. Avant la guerre notre balance commerciale devait marquer un excédent de £ 300.000.000 par an en livres actuelles. La guerre et la diminution de la valeur des paiements en argent a pu ramener éet excédent annuel à environ £ 225.000.000,

c’est-à-dire que tel serait notre excédent aujourd’hui si

les affaires étaient aussi prospères qu’en 1913. Admettons que du fait du niveau relativement élevé de nos prix intérieurs, nous ayons perdu £ 200.000.000 du chiffre brut de nos exportations, soit environ un quart du total de ces quantités ou si vous voulez qu'elles représentent désormais £ 150.000.000 net (sans compter cette part des exportations à déduire que figurent les matières premières importées) et que nous ayons à présent 1.000.000 de chômeurs qui, autrement, auraient fabriqué directement ou indirectement ces exportations. Tous ces chiffres bien entendu ne sont que de grossières approximations de ce qui est raisonnablement probable, et non pas des données scientifiques de faits établis par les statistiques. Voyons comment se comporte alors notre balance commerciale? Il nous reste un excédent de £ 75.000.000 par an. À condition par conséquent de ne pas faire à l'étranger de placements dépassant cette somme nous conservons notre équilibre, Et nous pouvons continuer indéfiniment ainsi, malgré le niveau élevé des

prix à l’intérieur, la perte du quart de notre commerce

étranger, notre million de chômeurs, tout en gardant un certain excédent à placer à l'étranger, et pour couronner le tout, l’étalon-or qui demeure à l’abri de toute menace. Le maintenir représente, par rapport à une autre politique monétaire, un appauvrissement pour notre pays de £ 150.000.000 par an. Qu'importe! « Nos ré-, serves de force économique », comme dit Mr. Leaf, « sont

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