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bien plus grandes qu'aucun de nous ne l’eût imaginé. Nous sommes plus résistants que nous ne le pensions », selon la formule du Chancelier de l’Echiquier. Bref, nous pouvons nous payer cela.
Les pertes extraordinaires subies au cours de la grève des mineurs ne sont pas comprises dans ces chiffres. Elles doivent s'élever à environ £ 100.000.000. Pour les couvrir on a dû avoir recours tout d'abord à un accroïssement de notre dette à court terme, puis à des atermoiements classiques dans le règlement des soldes passifs et enfin à un taux relativement avantageux de l’escompte destiné à attirer à Londres l’argent disponible à l’étranver.
Pour décider de l’avenir de notre politique nationale; nous avons le choix entre trois alternatives :
1° Nous pouvons chercher à rétablir à tout prix l’équilibre d’avant-guerre entre de nombreuses exportations et de vastes placements à l’étranger. Le retour à l’étalon-or nous empêche d'atteindre ce but sans une diminution de tous les salaires contre laquelle s’est prononcé le Président du Conseil, ou sans une hausse importante des prix or à l'extérieur que nous attendons vainement.
23° Nous pouvons conserver indéfiniment l'équilibre dont nous avons parlé plus haut qui comporte à la fois un ralentissement des affaires et un million de chômeurs. Ce pseudo-équilibre a été créé bien qu'il n’ait probablement pas été prévu par elle, par la Banque d'Angleterre ct la politique qu'elle a suivie, jusqu’à ce jour. Je ne vois pas de véritable raison pour qu’elle ne la poursuive pas encore un certain temps. Mr. Norman va sans doute traverser une période difficile par suite des conséquences lardives de la grève des mineurs. Mais en mettant les choses au pire, cela peut s'arranger en ayant à nouveaær recours, ne serait-ce qu'à une interdiction peut-être partielle des emprunts étrangers.
+ 3° La troisième alternative consiste à accepter la perte de nos exportations et une réduction correspondante de
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nos-placements à l'étranger et à utilisèr la main-d'œuvre précédemment appliquée aux premières, et les économies antérieurement consacrées aux secondes à améliorer le rendement de la production et les conditions d'existence dans le pays. Si le retour à l’étalon-or devait finalement nous conduire à pareil résultat, il constituerait somme toute un bienfait déguisé. Car pareilles mesures comportent de nombreux avantages que je ne puis énumérér tout au long à la fin d’un article déjà trop étendu. Je me borne à indiquer que de ces mesures dépend selon moi l'amélioration des conditions d’existence des masses.
Et j'en reviens à Mr. Mc Kenna. Je suppose qu’en préconisant un élargissement des crédits, il cherche à absorber le plus grand nombre possible de chômeurs ‘en redonnant une impulsion croissante aux industries travaillant pour le marché intérieur, et indirectement aussi à faciliter les exportations, grâce aux économies que permet une production plus vaste. Ainsi il marque sa préférence pour la troisième solution. Car il ne peut guère espérer diminuer le niveau des prix à l'intérieur, ou réaliser des économies sensibles sur le coût de la production en développant les crédits. Comme parfois déjà par le passé, Mr. Mc Kenna ne fait pas justice à ses propres idées en exprimant plus de confiance dans le retour à l’étalon-or qu'il n’en éprouve réellement.
Dans les limites que crée l’étalon-or, il y a là üne politique difficile à pratiquer, et si l'on songe aux £ 1006.000.000 que nous devons par suite de la grève des mineurs, une politique qui peut être dangereuse. Si Mr. Mc Kenna était Gouverneur de la Banque d’Angletérre et libre de faire ce qui lui plaît, je crois qu’il lui serait possible de réduire considérablement lé nombre des chômeurs tout en maintenant la parité avéc l'or. Mais faut-il en attendre autant de Mr. Norman qui sc meut- dans les limites plus étroites de sa propre mentalité?
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