‹ Essais de philologie françaiseChapitre 104 sur 251 · XXV. — COULEMELLE, COULEMOTTE · texte numérisé non relu

XXV. — COULEMELLE, COULEMOTTE

Littré définit ainsi le mot coulemelle, dont il ne donne pas l'étymologie : « Champignon, dit aussi coulmotte, bon à manger; sorte d'agaric. » Si le cœur vous dit d'écrire coulemotte et coulmelle, à votre aise. Il s'agit de X agaricus colubrinus des auteurs. L'utile Répertoire des plantes de E. A. Duchesne (Paris, 1836) enregistre plus de trente noms portés par ce champignon aux quatre coins du bon pays de France. Je relève dans le nombre, à la queue leu leu : colemelle, cormelle, coronelle, couamclle (?), coulemotte, coutemelle (?), conrmotte, coulemelle, goilmelle (?). On trouve dans le dictionnaire de M. Godefroy un exemple de colemette, où l'auteur a vu une « sorte de fruit » et où il s'agit manifestement de notre champignon. Littré lui-même a trouvé l'étymologie sans s'en douter, car il a un article colombette, mot qu'il définit par « champignon bon à manger » et qu'il explique fort justement comme un diminutif de colombe, au sens de « colonnette ». La comparaison de ce champignon à tige élancée avec une petite colonne est toute naturelle. On sait d'autre part que la forme vraiment populaire prise en français par le mot latin columna est coulomme ou coulombe. De *coulommelle, *coulommotle on a passé naturellement à coul(e)melle, coul(c)uioIlc, courmelle, cour motte. C'est ainsi que le nom de lieu

Columella, ou plutôt * Columnella, est représente dans notre toponomastiquepar Colombclles (Calvados), Coulemelle (Somme), Courmelles (Aisne).

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