XXVI. — DAILLOT
Les marins nomment daillots ou andaillots, d'après Furetière, « des anneaux qui servent à amarer la voile qu'on met de beau temps sur le grand estay, et qui font le môme effet que les garcettes sur la vergue. » Littré et le Dictionnaire général donnent ce terme sous les deux formes, sans étymologie. Comme le mot n'a été recueilli par les lexicographes qu'à la fin du xvne siècle r, j'incline à voir dans daillots une mauvaise notation de dayaus, c'est-à-dire un doublet de dé (à coudre), du lat. digitale2. Il y a dans le dictionnaire de M. Godefroy un précieux exemple, v° dayal, qui me suggère cette conjecture : « quatre liecols et trois dayaulx pour les chevaus (137 1) ». M. Godefroy traduit « anneau pour attacher les chevaux » et cela paraît bien résulter du contexte. Que deel ait passé du sens particulier de « dé » a celui plus général de « anneau », c'est ce qui résulte, par exemple, de l'emploi comme terme de marine de son dérivé délot, anneau de fer à rebord qui sert à maintenir et à protéger, en la recouvrant, une boucle de cordage.
1. Je ne connais pas d'exemple plus ancien que celui de 1683 qui est cité dans le Dict. général, d'après Jal.
2. Sur la confusion, à une époque récente, des sons y et / mouillée, voyez les observations de M. Tobler, dans son article étymologique sur souqueniïïe, et Romania, XXV, 623.
PROV. DAUREZI 277