XXVII. — prov. DAUREZI
Le Mémorial du consulat de Limoges 3, publié récemment par M.Chabaneau1, contient un mot curieux, désignant une profession, qui n'a pas encore été relevé par les lexicographes 2 : c'est daurexi, comme on lit à l'article 224 (aus daurezis e aus monedeirs), ou daureri, comme on lit à l'article 142 (// daureri elichampnador). Que le mot signifie « orfèvre », M. L. Guibert l'a bien vu 3, et ce n'est pas le sens qui vient en question, mais bien l'étymologie. Faut-il considérer daureri comme la forme primitive, ou inversement ? Comme je remarque dans les textes de Limoges quelques traces de rhotacisme (giraruiiis pour gisarmas, art. 225, plurors pour plusor s, p. 150, 151, 164, 165, etc.), je crois qu'on peut tabler sur daureri. Or, le provençal nous offre concurremment, dans un sens analogue à daureri, les mots daurivelier et aurevelier : on peut donc admettre que daureri est une forme renforcée, sous l'influence de daurar, d'un primitif *aure%i, lequel se tire sans difficulté d'un type lat. * aurificinus, dérivé de aurifex. Au point de vue morphologique, * aurificinus employé pour aurifex, d'après aurificina, rappelle tout à fait *medicinus, em-