Remania, VIII, 392 et suiv
bcrt Estienne : « Gyrouet ou gyrouette. Il vient de gyro gyras, ou de gyras gyri. » Passe pour le radical gir et le suffixe ette; mais comment expliquer le son intermédiaire ou ? A cela, le bon Ménage a une réponse toute prête: « Gyrus, gyruttus, gyruttettus, girouet ; gyrutta, gyruttetta, girouette1. » Diez accepte la manière de voir de Ménage, puisqu'il considère girouette comme étant pour girotette, en invoquant un italien girotta de médiocre aloi. Scheler, tout en ayant des doutes sur girotta, copie maladroitement Diez et écrit : « Girouette (pour girotette), diminutif de l'italien girotta. » Littré rapproche girouette de pirouette, mais pour ce dernier mot il se retranche derrière la formule prudente : « origine inconnue », sans vouloir prendre à son compte Pétymologie de Diez, qui y voit le radical de pivot et le diminutif de roue. Enfin Caix pense délibéremment que girouette est gir -\ rouet te2.
En somme, on peut dire avec M. Horning, qui vient d'expliquer le lorrain girouante, dévidoir, par gyranda, que « l'origine du son ou reste obscure 3 ». Je propose de considérer girouet, girouette, comme les mots des diminutifs d'un primitif * girou, qui représenterait phonétiquement le latin gyrovagum, mot qui n'appartient pas à la langue classique et qui se trouve pour la première
i. Origines de la lang. franc., Paris, 1650.