XLV. — prov. mod. GELBE
L'adjectif geîbe, gelbo est particulier au Rouergue. L'abbé Vayssier le traduit par « jaloux, qui ne peut supporter le chatouillement, qui ne veut pas se laisser toucher; par extension, farouche, fougueux. » Il lui donne comme étymologie le latin jelosus ; mais la phonétique s'y oppose. D'autre part, le sens invite impérieusement à recourir à un dérivé du substantif %clus. Je propose un adjectif tiré de ce substantif à l'aide du suffixe atone uns: *%eluusI. La consonnification de Vu dans *~elua, devenu *gelva est normale, et l'ancien *gelva a entraîné *gelve au masculin, d'où aujourd'hui^//^, gelbo. Dans la région montagneuse de PAveyron qui confine au Cantal, on dit, d'après l'abbé Vayssiçr,jieue,jieuo : c'est la région même où Niçoles a étudié le traitement si curieux de / latin2. De môme que salva y est représenté par sauo, il est tout naturel que *%èlua y soit jieuo.