‹ Essais de philologie françaiseChapitre 141 sur 251 · XLVII. — GOUPILLON · texte numérisé non relu

XLVII. — GOUPILLON

C'est Ménage qui le premier, avec une hésitation dont ses successeurs n'ont malheureusement pas tenu compte, a rapproché goupillon de goupil, renard1. L'étymologie a fait fortune et, de Du Cange à Diez, elle a rallié presque tous les suffrages2.

Remarquons tout d'abord que si l'on trouve en ancien français goupillon au sens de « petit renard ? », le sens de « queue de renard » fait absolument défaut. Il y a plus. Si l'on remonte la suite des textes, on se

1. « Goupillon vient peut-être de goupil, à cause de sa ressemblance à la queue d'un renard. » Origines delà langue franc. (1650), v° goupil. Dans la seconde édition des Origines,' parue après sa mort sous le titre de Dictionnaire étymologique, Ménage, soutenu par Furetière et Du Cange, est plus affirmatif.

2. Roquefort, dans son Glossaire de la langue romane, v° guepillou, attribue à La Curne de Sainte-Palaye une étymologie ridicule d'après laquelle goupillon serait composé de goutte et de piller. M. (i. Paris, qui me signale le passage de Roquefort, a indiqué depuis longtemps que goupillon n'avait rien à faire à l'origine avec goupil, et il l'a rapproché du hollandais qnispel ou kwispel, qui a le même sens. (Bull, de la Soc. de linguistique, t. II, p. cxv.)

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