Voyez-en un exemple dans le Dictionnaire de M. Godefroy
j!0 ESSAIS DE F'HILOLOGIE FRANÇAIS?:
convainc facilement que notre goupillon s'est substitué, par étymologie populaire, à guepillon ou guipillon, formes données concurremment par Cotgrave. Ménage fait lui-même remarquer que Frédéric Morel écrit gueptllon, et qu'en Normandie on dit vipillon. L'historique réuni par Littré ne remonte pas au delà du xve siècle. Il se compose de deux citations : un texte d'inventaire, où on lit gippellon, et un passage du Grand Testament de Villon, où tous les éditeurs, y compris le dernier, M. Longnon, impriment goupillon, bien que le meilleur manuscrit porte guypillon1. On lit vipillon dans une lettre de rémission de 141 6 citée par Carpentier2, equipillon dans un compte de 1380 cité dans le Dictionnaire de M. Godefroy. Le glossaire du ms. latin 7692 de la Bibl. nat., qui est du xme siècle, traduit aspergitorium par guipillon 3. Enfin, M. Delboulle me signale guipellon dans le Roman du Mont-Saint-Michel de Guillaume de Saint-Pair, qui remonte à la fin du xne siècle.
Il semble bien qu'il faille chercher l'étymologie de goupillon dans un radical vipp ou wipp, que le latin ne peut pas fournir. Or les langues germaniques ont précisément un radical wip, qui se présente avec deux^ en bas-allemand et dans les idiomes Scandinaves, et dont le sens primitif, « se balancer, ce qui se balance », s'accorde fort bien avec l'usage du goupillon : cf. le
1. Vers 1809 de l'édition Longnon ; voy. la variante, p. 234.
2. Dans Du Cange, v° vispilio. Cette lettre est relative à des faits qui se passent à Saint-Lô, en Normandie, ainsi que me l'apprend obligeamment mon confrère M. Courteault.