‹ Essais de philologie françaiseChapitre 147 sur 251 · Cela s'écrit en espagnol groidur · texte numérisé non relu

Cela s'écrit en espagnol groidur

MM. Hatzfeld et Darmesteter, boesse est qualifie de « forme dialectale de brosse ». C'est la doctrine de Darmesteter pour lequel hgratte-boesse est « la boesse à laquelle on ordonne de gratter1. » Or, je ne vois pas qu'aucun patois dise boesse pour « brosse ». Et, d'autre part, comme terme d'art, boesse est si récent qu'il paraît bien n'être qu'une abréviation factice àegratte-boësse, comme brequin de vilebrequin. Or, Mistral, dans son Trésor dôu Felibrige, enregistre le substantif grato-bouisso et l'explique par les deux verbes grata, gratter, et bouissa, balayer, nettoyer, frotter (dérivé de bonis, lat. bnxus, buis). J'ai relevé récemment dans l'inventaire d'un orfèvre de Draguignan, de 1498, la mention de « quatuor grataboyssas2 »: le mot gratte-boesse ne paraissant chez les auteurs français qu'au commencement du xvne siècle, je n'hésite plus à le considérer comme un emprunt fait au provençal grato-bouisso et à regarder l'étymologie de Mistral comme définitive. Il faut donc rayer gratte-boësse dé la série des composés avec un verbe et un nom au vocatif, et le classer dans la série des composés avec un double impératif, comme bouillabaisse, chantepleure, passepasse, etc.

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