On sait qu'on confond sous ce nom différentes plantes que
PAVE1LLE 34e?
pavello, sous la forme masculine pavel, parvel, qui désigne le jonc des chaisiers, la massette d'eau et autres plantes paludéennes utilisées pour faire des chaises, des nattes, des corbeilles, etc. Dans le patois de Savennes, près de Guéret (Creuse), le jonc des chaisiers s'appelle de la babelhâ (pluriel), mot dont la terminaison correspond exactement à cille du français, et où le b médial s'est assimilé le p initial. Un dérivé de paveille est pavil- Ue, que Fauchet emploie — assez improprement — pour désigner le lys jaune des marais1.
Le v médial des formes provençales citées par Mistral est une altération d'un b antérieur, comme le montre non seulement la comparaison avec le patois de Savennes, mais l'existence de la forme pabel, dont il y a plusieurs exemples dans des chartes latines de la Provence proprement dite2. Il est donc certain qu'il faut écarter les deux étymologies données concurremment par Mistral (pabulum et pavicula) et rattacher toutes ces formes à papyrus, grec icawupoç, jonc du Nil. On. sait que pour ce mot — comme pour beaucoup de mots qui ne sont pas foncièrement latins — le roman a multiplié les variantes^. Paveille et babelha remontent à *paptlia; le prov. pabel suppose, à ce qu'il semble, *papïllum4.
les botanistes distinguent sous les noms latins àtjuncus, cyperns, typha, scirpus.
i . Voyez la citation de Fauchet dans le dictionnaire de M. Godefroy.