Collection de Picardie, vol. 294, pièce n
3. Nouveau tirage dans le n° du 17 octobre 1896 de la Revue Encyclopédique Larousse.
l6o ESSAIS DE PHILOLOGIE FRANÇAISE
deur de Toriginal, et présenté aux souverains russes pendant leur récent voyage à Paris. Cette particularité d'une souscription en caractères cyrilliques à un diplôme royal n'a pas échappé à M. Giry, qui en a fait mention dans son récent Traité de diplomatique1, et M. le vicomte de Caix de Saint- Aymour a donné un calque de la signature d'Anne de Russie dans la brochure qu'il a consacrée à cette princesse et dont une seconde édition vient de paraître2.
Aucun des auteurs que j'ai nommés ne s'est préoccupé du côté philologique delà question. Il me. semble cependant que les deux mots inscrits par la Reine Anne sur le diplôme de 1063 méritent encore plus l'attention des philologues que celle des diplomatistes et des paléographes, et peuvent fournir matière à un intéressant débat. ■
Voici d'abord le calque de la souscription.
A N4 fSKH^I
M. Couderc a transcrit en caractères latins: Ana ruina.
Or, en quelle langue la reine a-t-elle voulu exprimer son nom et son titre? Je ne m'arrêterai pas à l'idée singulière émise par M. le vicomte de Caix de Saint- Aymour, que la princesse aurait écrit « dans sa langue maternelle et en caractères slavons » . Cette affirmation ne repose absolument sur rien. M. Couderc dit que