‹ Essais de philologie françaiseChapitre 76 sur 251 · VIII. — ARCANSON · texte numérisé non relu

VIII. — ARCANSON

Littré ne donne pas l'étymologie du mot arcanson, qui désigne du brai sec ou colophane. Le Dictionnaire général Hatzfeld-Darmesteter en déclare l'origine inconnue2. Or, le Dictionnaire du commerce, de Savary des Bruslons (1723), nous apprend que « l'arcançon que

1 . « Arbores et vîtes, quee ablaqueatae fuerant, occare, id est operire, jam convenit. » Pallad. De re rustica, VI, 4.

2. L'édition de 1721 du Trévoux est indiquée comme offrant le plus ancien exemple du mot ; en voici un plus ancien : « De la chaux au lieu $ arcanson. » Oexmelin, Hist. des aventuriers, II, 256 (1686).

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vendent les droguistes de Paris vient de Bordeaux et de Bayonne ». Comme Littré mentionne la variante arcachon, on pense tout naturellement que la petite ville & Arcachon pourrait bien avoir donné son nom à ce produit industriel. Mistral, dans son Trésor dou feîibrige, a fait le rapprochement en sens inverse : à l'article arcansoun, arcassoun, il est muet; mais à l'article Arcachoun il indique comme étymologie du nom de la ville celui du produit. Personne ne le croira. Le supplément de Savary (1730) contient deux passages qui ne laissent aucun doute : « Arcachon, grande baye en forme de bassin qui se trouve sur la côte de Médoc en Guyenne; c'est dans les villages qui sont autour de ce bassin que se fait le plus grand négoce du bray qui se tire des Landes de Bordeaux (col. 27). — Marchandises qui arrivent à La Rochelle... de Bayonne et du pays d'Arcasson (sic), du bray gras et sec (col. 232-233). »

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