DE PHILIBERT DAMIRON
Le jour où nous rendions les derniers devoirs à notre ami, j'entendais le duc de Broglie dire avec une profonde tristesse : Nous perdons un sage. Ce mot, dans la bouche d'un tel homme, résumait tout ce que notre imparfaite humanité contient de plus noble et de meilleur. Tel est bien l'homme que l'Université, que l'Académie, que le public savant, que le monde a connu. Et pourtant, aucun de ceux qui ont vécu dans l'intimité de M. Damiron, ne trouveroni dans le mot de son illustre confrère la complète définition de l'homme excellent qui vient de nous être si brusquement enlevé. Oui, M. Damiron avait les pensées, les mœurs, les affections, les vertus d'un sage. Jamais un paradoxe n'a séduit sa sévère raison ; jamais une épreuve n'a fait fléchir sa ferme volonté ; jamais un devoir n'a échappé à l'œil toujours ouvert de sa conscience. Mais, s'il fut sage, c'est d'une manière qui n'est qu'à lui. Chez la plupart des hommes qui méritent ce beau titre, la sagesse est le fruit de l'expérience et de l'épreuve; la vertu est le prix de TefTort. En un mot, ils sont devenus sages. 11 semble que M. Damiron soit né tel, comme il est né doux, bon, aiTectueux, sympathique. Sans