GROUPE. ~ GLANDES A RÔLE DÉFENSIF
\^* CLASSE. — Glandes protectrices d'oroanes ou de fonctions (glandes ayant surtout un rôle physique).
Glandes annexées :
10 Au revêtement cutané. L Glandes sébacées.
— — 2. — sudoripares.
20 A Tappareil auditif . 1. — cérumineuses .
— — 2. — de la muqueuse de la
trompe d'Eustache.
— —, 3. Cellules épithéliales de la strie
vasculaire du limaçon (organe producteur de l'endolymphe).
3« — gustatif.
40 A l'appareil olfactif. 1. Glandes de la muqueuse des
fosses nasales.
— — 2. — du sinus et des cel-
lules ethmoïdales.
50 visuel. 1. Glandes de la conjonctive.
— — 2. — de Meibomius.
— — 3. — ciliaires.
— — 4. — de la caroncule lacry-
male.
A l'appareil visuel. 5. Glandes lacrymales.
— — 6. — de la muqueuse du
canal nasal.
— — 7. — des procès ciliaires(?).
— — 8. Cellules qui forment le rouge
rétinien.
6<* Cellules glandulaires annexées aux appareils articulaires (sécrétion de la synovie).
Glandes annexées :
70 Ârappareil respiratoire. 1. Glandes de lamuqueuselaryngée.
— — . 2. — — trachéale et
bronchique .
9^ A l'axe cérébro-spinal (cellules qui sécrètent le liquide céphalo-rachidien).
2^ CLASSB. — Glandes protbctricbs de l'organisme contre LUI-MÊME (glandes ayant un rôle chimique).
/ Fonction anti- ( Formation de l'urée.
10 Glande ) toxique perma-) — de l'acide urique. hépatique, i nentedufoie. ( — des phénol-sulfates.
( Rôle éventuel du foie sur les poisons.
20 Capsules surrénales.
3° Glande thyroïde.
40 — pituitaire.
A ces deux grands groupes, on peut en ajouter un troisième, purement provisoire d'ailleurs, pour comprendre les organes à fonction encore inconnue ou à peine connue, tels que le thymus, la glande carotidienne, les amygdales, les plaques de Peyer.
Telle est la classification que je vous présente. Tel est Tordre suivant lequel nous étudierons les glandes et leurs fonctions. Assurément, je ne vous donne pas cette division comme parfaite : les phénomènes naturels ne se laissent jamais enfermer
ET L'ÉVOLUTION DES SCIENCES BIOLOGIttUES EN FR&NCE
DE 1849 A i900'
Monsieur le Ministre, MESDAMES; Messieurs,
Au mois de mai 1848, deux jeunes chirurgiens, PoUin et Houei, et un naturaliste, Charles Robin, décidèrent d'organiser à Paris une réunion périodique où viendraient s'éclairer mutuellement sur les phénomènes de la vie tous ceux, physiciens, chimistes, naturalistes, médecins, qui, avec les physiologistes proprement dits, s'intéressent à ces phénomènes ; et ils pensèrent que le nom de Société de biologie conviendrait à une telle réunion. C'est Follin qui avait eu l'idée de cette fondation; et il en avait fait part d'abord à Houel et à Charles Robin.
1. Rapport lu à la séance du Cinquantenaire de la Société de biologie, le 27 décembre 1899 {Comptes rendus de la Soc. de biologie, 1899, n» 40, p. 1011.)
Les noms de nos trois premiers fondateurs devaient être rappelés en ce jour.
La Société était conçue ; on en offrit la présidence à Rayer, qui l'accepta. Nous ne connaissons pas d'une façon sûre les noms des autres fondateurs, à Texception de ceux de Claude Bernard, Huette, Laboulbène, Lebert.
Organisée en 1848, la Société de biologie n'a cependant rien publié des travaux qui lui furent présentés durant cette même année. Le premier volume de ses Comptes rendus porte le millésime de 1849. C'est pourquoi, et puisque la vie manifestée d'une société scientifique consiste essentiellement en ses publications, il a paru que le Cinquantenaire delà Société de biologie devait être célébré en 1899 seulement.
Il avait paru d'abord à tous les membres de la Société que cet anniversaire devait être commémoré. Ainsi que les familles et que les peuples, les sociétés ont leurs anniversaires; mais pour elles comme pour les peuples, ceux-ci ne doivent jamais être que des jours d'allégresse. Les collectivités humaines n'ont pas à considérer tristement le passé; leur raison d'être est la vie et l'action qui préparent l'ave^ nir, et la vie et l'action ^ pour être bonnes et fécondes , demandent de la force et de la gaieté. Quand donc elles se tournent vers le passé, c'est pour y trouver des sources de réconfort, pour y puiser de la joie et Glby. 10
du courage, pour y découvrir de grands et beaux exemples, bref, toujours des mobiles d'action.
C'est dans ces pensées sans doute que notre président et la Société tout entière ont cru que la bonne façon de célébrer ce Cinquantenaire était de faire quelque chose d'utile pour les travailleurs du temps présent et pour ceux qui continueront après nous la même œuvre de vérité. Et alors il fut décidé que nous publierions la table générale des matières contenues dans nos cinquante volumes; ainsi seront désormais rendues faciles les recherches dans la masse énorme des faits accumulés dans ces cinquante volumes ; cette table, qui forme un gros livre, paraîtra dans quelque temps. Il fut en second lieu décidé que nous publierions un volume jubilaire, formé de mémoires rédigés à cette occasion par les membres de la Société, hommage à celle-ci et preuve en même temps de notre activité présente.
Vous verrez, en tête de ce volume, quatre portraits, ceux de nos quatre premiers présidents. Rayer, Claude Bernard, Paul Bert, Brown-Séquard. Nous n'avons donc pas été de l'avis du philosophe Schopenhauer. Un jeune écrivain suisse, Hebler, de passage à Francfort, en 1855, lui demandait si son portrait serait gravé : « Oui, sans doute, répondit-il; mais je ne permettrai pas qu'on le reproduise en tête d'un de mes livres, ni qu'on y ajoute un de mes autographes, comme a fait Dove
pour son livre sur les couleurs *. Ces messieurs des sciences positives ne valent vraiment pas la peine que les traits de leurs visages soient reproduits et conservés; encore que, d'autre part, on ne puisse leur en vouloir de cela, puisque rien d'autre d'eux ne passera certainement à la postérité. Seuls, les poètes méritent qu'on fasse leur portrait, les poètes, et aussi les philosophes I » ajouta-t-il. — Sans doute les poètes charment les hommes et les philosophes les font penser, et poètes et philosophes leur rendent ainsi des services inappréciables, outre qu'ils les aident à « escamoter la vie », comme disait Flaubert. Mais les savants leur rendent-ils moins de services? Le même Schopenhauer soutient quelque part la supériorité des qualités morales sur les dons de l'esprit' ; c'est à peu près ce qu'avait déjà dit Pascal^ en de fortes paroles : « Tous les corps, le firmament, les étoiles, la terre et ses royaumes ne valent pas le moindre des esprits. Tous les corps ensemble, et tous les esprits ensemble, et toutes leurs productions ne valent pas le moindre mouvement de charité; cela est d'un ordre infiniment plus élevé... et d'un autre ordre, surnaturel. » Ce qui est exactement le contraire de ce que pensait Cuvier * : « Le
1. il s*agit évidemment de Touvrage de H. W. Dove : Darstelluny der Farbenlehre und optische Studien. Berlin, 1853.
2. ScHOPBNHAUSER, Die Welt als Wille und Vorstellung^ ^^ partie, ch. xix.