‹ Essais de philosophie et d'histoire religieuseChapitre 1 sur 27 · RUE VIVIENKE, 2 BIS, ET BOULEVARD DES ITALIENS · texte numérisé non relu

RUE VIVIENKE, 2 BIS, ET BOULEVARD DES ITALIENS

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PRÉFACE

Dos nombreux malentendus, sources de tant d’erreurs dans les choses religieuses, celui qui domine tous les autres, est la confusion du dogme et de la religion. Demandez ce qu’est la religion chrétienne, le catholique vous renverra à son catéchisme, le protestant à la confession de foi de son église. Une série de dogmes, voilà ce qu’on prend, de tous les côtés, pour le christianisme.

Cette confusion, en outre qu’elle est une opinion erronée, est le point de départ d’une foule de conséquences déplorables. Elle est la racine de l’intolérance; chaque église, tenant son Credo pour le christianisme lui-même, croit servir les intérêts de la religion et prendre en main la cause de Dieu, en accusant de mensonge et d’erreur, en poursuivant ^

PPÉFACE

comme impies ou hérétiques tous ceux qui professent des doctrines différentes. Elle empêche de voir sous leur véritable jour l’histoire des religions en général, et, ce qui est pour nous d'un intérêt plus immédiat, celle de la religion chrétienne. Elle est l’origine des opinions étranges qui sont devenues dans notre pays comme une monnaie courante dans le champ des choses religieuses, qu’on est étonné à chaque moment de rencontrer dans la bouche ou sous la plume d’hommes d’ailleurs éclairés et qui sont l’obstacle le plus réel, la barrière la plus épaisse à la critique historique en matière de religion.

C’est contre cette erreur fondamentale que tous ceux qui sentent le besoin de donner une nouvelle vie aux études religieuses, devraient porter, leurs première coups. J’ai en ce moment, pour l’attaquer, un intérêt particulier. Presque tous les essais que j’ai réunis dans ce volume, partent de l’idée de la distinction de la religion et du dogme, ou la supposent. 11 m’importe par conséquent, pour prévenir toute équivoque ou toute fausse interprétation, de m’expliquer d’abord nettement sur ce sujet. Je n’entends pas sans doute traiter la question à fond; je ne pourrais le faire dans les limites, nécessairement étroites, d’une préface; tout ce que je me propose, c’est de présenter quelques observations pour mon-

PRÉFACE

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