‹ Essais de philosophie et de littératureChapitre 6 sur 18 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

I. Ce que l'auteur s'efforce d'établir par voie inductive, c'est d'abord le point de départ, la réalité d'uiK intelligence qui ne s'aperçoit pas elle-même, la réalité d'une intelligence inconsciente ou de «l'Inconscient* des Unheumssten, Ce serait abuser des difiGcultés ré-

' Philosophie des Unbewusste/if Versuch einer WelianschauMni voQ E. von Hartmann, D' Phil. Berlin 1871, Dritte Auflage gr. in-8, 824 p. La première édition a paru en 1869.

ultant d'une terminologie imparfaite que d'arguer de ontradiction la notion dont il s'agit; mais il faut bien léclarer contradictoire la prétention d'en constater 'existence par les procédés directs de l'observation ^ycholc^que. L'idée d'un sujet qui forme des repréentations et qui agit en vertu de représentations dont l n'a pas conscience iest une hypothèse destinée à rentre compte des traces d'intelligence que nous croyons ipercevoir dans la nature, c'est proprement le sens de a demi-personnification qu'exprime le mot nature. L.'auteur poursuit la démonstration de ce principe d'abord dans le monde organique en général, puis dans 'esprit humain. Il ne se fait aucune illusion sur l'originalité de son point de vue, qu'il envisage comme dentique avec celui des principaux métaphysiciens de toutes les époques ; mais il lui semble que ceux-ci n*y Evont arrivés que par une sorte d'intuition mystique, iont le développement, toujours malaisé, ne se présente dans leurs écrits que sous la forme d'une explication possible des phénomènes, proposée au public toujours défiant. C'est pourquoi il croit utile d'y conduire ses lecteurs par la voie inductive, en s'appuyant sur les données incontestables des sciences naturelles. L'induction seule inspire la confiance; elle la mérite, seulement elle ne s'élève pas bien haut; mais si l'induction et la spéculation marchent à la rencontre l'une de l'autre, elles finiront par se rejoindre.

IL Comment somm^es-nous conduits à admettre une pénalité dans la naturel — C'est dans l'observation de notre propre façon d'agir que nous puisons l'idée de finalité, laquelle n'est point opposée à celle de causalité, mais n'en forme qu'une application. Soit B la cause efficiente de A. La représentation de A nous porte à vouloir le produire et le posséder. La volonté

que A soit produit en nous la volonté que B soit; celleci détermine le mouvement matériel que produit B, lequel à son tour amène A. 11 n'y a là qu'une succession de causes et d'effets, les uns matériels, les autres spirituels ; mais un enchaînement tel qu'il forme un cercle, la représentation A étant le commencement, la réalisation de A formant la fin. Ici les causes spirituelles, les représentations et les volitions tombent dans le champ de l'expérience. Nous sommes conduits à supposer des causes spirituelles analogues dans la nature, toutes les fois que nous rencontrons un phénomène matériel qu'il nous est impossible d'expliquer par des causes mécaniques, tandis qu'il s'expliquerait aisément dans la supposition qu'il fût voulu comme moyen ou comme but. L'esprit de système peut seul écarter péremptoirement a priori les causes finales ; mais leur réalité ne saurait être rendue certaine; toutefois il est des cas où elle acquiert une très haute probabilité. On cherche en vain, par exemple, quelles raisons pourraient porter l'oiseau à s'imposer la tâche pénible de couver, sinon le désir instinctif ou conscient (et quelquefois il ne peut être qu'instinctif) de voir des petits éclore et l'espèce se continuer. De même, en dehors de toute conscience, si l'on essaye d'analyser les conditions indispensables pour que la vision se produise, nerf optique, rétine, appareils transformateurs des vibrations, chambre obscure, etc., etc. (l'auteur ramène à quatorze le nombre de ces conditions, dont chacune forme un groupe complexe), si l'on accorde une probabilité de neuf contre un à l'idée que chacune de ces dispositions prises à part résulte de causes purement matérielles, cette probabilité se réduirait à la faible chance de un contre quatre pour la réunion de toutes ensemble, et à quelques dix-millièmes tout au plus, si l'on exprimait la probabilité de l'origine méca-

nique de chaque facteur isolément par une fraction plus raisonnable. En d'autres termes, la supposition que l'appareil visuel ne se développe pas, dans tous les embryons, de manière à pouvoir fonctionner sans le concours d'une force intelligente qui dirige vers ce but la disposition des molécules, acquiert une probabilité presque égale à la certitude. Il en est ainsi partout où nous voyons se produire régulièrement un résultat qui exige le concours d'un très grand nombre de causes.

Manifestation de rinconscient dans le corps.

I. Les fonctions spirituelles fondamentales, la représentation et la volonté se trouvent à des degrés différents chez l'homme et chez tous les animaux. Le chien veut suivre son maître et la poule défendre ses petits. Ce sont bien ici des volitions et non pas des mouvements réflexes, autrement toute l'activité de l'homme lui-même ne consisterait qu'en actes réflexes ; ceux-ci ne sont que des réactions involontaires. Partout où nous pouvons constater d'un côté le sentiment, la passion, de l'autre, une intention, la suite d'un dessein, il n'y a pas acte réflexe, il y a volonté. Les mouvements des animaux décapités, et particulièrement ceux des invertébrés, montrent que le cerveau n'est point une condition sine qua non des actes volontaires, mais qu'il y a une volonté inhérente à chaque ganglion particulier ; et même, en descendant l'échelle animale, on arrive à la conviction que la volonté peut se produire

très distinctement dans Tabsence de tout appareil nerveux. Parmi les exemples que l'auteur accumule, nous citerons sur le premier point la fourmi d'Australie, dont les deux moitiés s'attaquent immédiatement aus> sitôt qu'elle a été coupée ; sur le second, les chasses et les combats des polypes, qui discernent parfaitement ce qui peut servir à leur nourriture. Ceci conduit à admettre dans l'homme lui-même des volontés spinales et ganglionnaires distinctes de la volonté cérébrale et dont le cerveau n'a pas conscience. C'est à cette origine qu'il faut attribuer un grand nombre des mouvements soi-disant réflexes. Ainsi les ganglions du sympathique président aux fonctions nutritives, la moelle allongée, à la respiration. Ces centres nerveux subordonnés ont une sorte de conscience, quoique moins claire que celle du cerveau. Cela ressort de la comparaison entre le système nerveux des diverses classes d'animaux. On doit admettre, par exemple, qu'un mammifère privé de son cerveau possède encore des sensations plus distinctes qu'un insecte, parce que la moelle épini^re du premier est un organe supérieur aux ganglions qui constituent tout l'appareil sensitif du second. La conscience cérébrale est la seule que nous rapportions au moi, la volonté sollicitée par des motifs aperçus de cette conscience est notre volonté consciente, notre arbitre, mais il y a encore en nous d'autres consciences et d'autres volontés.

II. La possibilité du mouvement volontaire implique une représentation inconsciente. Pour lever le bras, il faut que l'impulsion cérébrale se communique à l'extrémité d'un nerf moteur déterminé; il nous arrive quelquefois de confondre ce nerf avec un autre ; le petit animal ne s'y trompe pas, dès sa naissance il exécute exactement les mouvements les plus compliqués, il sait

quel nerf il doit solliciter, mais il ne sait pas qu'il le sait, et nous ne le savons pas davantage. Tout mouvement volontaire suppose la représentation inconsciente de la position des extrémités nerveuses correspondantes. Ici il ne s'agit plus comme tout à l'heure d'une représentation relativement inconsciente, ignorée du moi, mais vraisemblablement présente à d'autres centres nerveux, nous constatons la réalité de représentations inconscientes au sens absolu.

III. LHnstinct^ dont il est à la mode aujourd'hui de contester l'existence, est une activité dirigée de manière à réaliser une fin que l'agent ne connaît pas. L'instinct n'est pas un effet pur et simple de l'organisar tion corporelle, car des espèces organisées exactement de même ont des instincts tout différents les unes des autres, tandis qu'inversement nous trouvons des instincts identiques chez des êtres très diversement construits. L'auteur en donne de nombreux exemples. L'instinct n'est pas non plus un mécanisme intellectuel ou cérébral, car il n'agit pas d'une façon constante, mais seulement dans les occasions où le but paraît pouvoir être atteint. L'oiseau qui couve ses œufs dans nos climats n^lige ce soin dans les pays chauds où il n'est plus nécessaire, et généralement l'animal modifie ses procédés suivant les circonstances, de manière à les adapter constamment au but. Ainsi l'hypothèse d'un mécanisme intellectuel n'explique pas les phénomènes instinctifs. Elle ne s'explique pas elle-même. Le motif de l'action instinctive n'est pas la perspective d'un plaisir, quoique celle-ci y joue souvent un rôle ; mais souvent aussi l'instinct commande le sacrifice de rindividu, et c'est alors qu'il manifeste le mieux sa puissance : la femelle dont on enlève les œufs en pond de nouveau jusqu'à ce qu'elle en meure. D'ailleurs, le

vrai problème n'est pas là. La perspective d'un plaisir en implique l'expérience, et cette expérience elle-même implique un désir antérieur qu'elle a satisfait. Avant toute expérience, d'où viendrait le désir, s'il n'avait d'autre objet qu'une jouissance dont l'animal ne sait rien? Non, dans l'instinct, une représentation sensible consciente devient directement ou indirectement cause d'une action sans égard au plaisir encore inconnu que cette action pourra procurer. Quant au rapport entre l'acte et le but, il ne tombe point dans la conscience. Ce n'est pourtant pas un phénomène physique, une modification cérébrale, car une modification cérébrale qui produirait des effets aussi puissants ne saurait rester inaperçue. Et s'il s'agit d'un procès intellectuel quoique inconscient, comment se le figurer autrement que sous les formes de la représentation et de la volonté ? Entre la représentation consciente et l'acte volontaire, il faut donc reconnaître comme intermédiaire des représentations et des volitions inconscientes; or on n'en saurait imaginer de propres à remplir ce rôle, sinon la représentation du but même de l'action instinctive et la volonté de l'atteindre. Et tel est en effet l'instinct : Volonté cojiscieiite du moyen pour un but qu'on veut atcssi, mais sans en avoir conscience.

Maintenant existe-t-il de vrais instincts, ou les actions dites instinctives seraient-elles des actions réfléchies, comme on le veut aujourd'hui? Il est certain que plus l'horizon intellectuel d'un agent est borné, plus grande est la puissani;e déployée dans la direction où s'exercent ses facultés, proportionnellement à sa capacité générale. Mais il ne faut pas oublier cette dernière restriction. Or dans la série animale nous voyons la capacité générale diminuer progressivement, tandis que l'instinct reste également parfait à tous les d^rés, ce qui montre bien que l'instinct diffère essentielle-

ment de Tintelligence réfléchie. Les animaux acquièrent l'intelligence par rinstruction et par l'exercice, tout comme nous, tandis que les actes instinctifs s'accomplissent exactement du premier coup, et cela chez l'animal isolé dès sa naissance aussi hien que chez les autres. La réflexion veut son temps, surtout chez les esprits faibles, l'instinct n'hésite jamais. Enfin il n'y a aucune proportion imaginable entre Fart 'ingénieux avec lequel la chenille construit son cocon et le peu d'intelligence qu'elle manifeste dans tout le reste de sa vie. Cependant, il faut le reconnaître, l'instinct et l'intelligence réfléchie ont bien une base commune, ils se mêlent suivant toutes les proportions, et dans les opérations les plus élevées de la race humaine, il entre des éléments instinctifs. Mais enfin pour qu'un acte puisse être attribué à l'intelligence réfléchie, il faudrait qu'U s'appuyât sur des faits donnés ; or, d'innombrables exemples démontrent que des faits indispensables pour calculer le résultat auquel les animaux arrivent avec une certitude infaillible ne peuvent pas être présents à leur conscience, attendu qu'ils n'en ont aucune expérience quelconque. Ils sont donc conduits par une véritable clairvoyance, c'est-à-dire qu'ils savent ce qu'il leur importe de connaître, sans savoir qu'ils le connaissent : crainte de l'ennemi, choix des aliments, migrations, propagation, instincts collectifs, division du travail chez les abeilles, etc., nous trouvons partout le même résultat (Voir pages 67-80).

IV. Vouloir est nécessairement vouloir quelque chose, c'est-à-dire vouloir changer ou ne pas changer d'état, ce qui suppose plus ou moins la représentation de l'état où l'on se trouve et en tout cas celle de l'état auquel on voudrait arriver. La volonté ne se conçoit donc pas sans représentation. C'est le défaut radical

de la philosophie de Schopenhauer de les avoir séparées, en prenant exclusivement la volonté pour principe métaphysique, tandis que pour la connaissance il se contente d'une théorie matérialiste. Ainsi la volonté inconsciente implique des repr(^sentations inconscientes, soit pour le cerveau, soit absolument. Quand la volonté ganglionnaire contracte le cœur, il faut bien qu'elle se représente cette contraction, quoique le cerveau n'en sache rien ; mais pour l'effectuer, il faut agir sur les extrémités centrales des fibres nerveuses dans le ganglion lui-même, lequel n'a sans doute aucune conscience de leur position. Une volonté qui a pour objet une représentation inconsciente est toujours inconsciente elle-même, puisqu'on ne sait pas ce qu'on veut, lors même qu'on aurait le vague sentiment de vouloir quelque chose. Inversement une volonté dont l'objet est une représentation consciente, tombe pareillement dans la conscience. Ainsi l'opposition des deux formes de volonté se ramène à celle des deux formes de connaissance.

V. Nous avons distingué l'instinct des actions réflexes ; mais les actions réflexes proprement dites attestent paiement l'influence de l'esprit inconscient. On les définit aujourd'hui en disant que ce sont des mouvements provoqués par une excitation qui ne s'applique directement ni à un tissu contractile, ni à un nerf du mouvement, mais à un nerf qui communique son irritation à un organe central, d'où elle est transmise aux nerfs moteurs et aux muscles. En effet, on ne saurait préciser cette définition davantage sans éliminer du même coup telle ou telle classe de mouvements réflexes bien caractérisés comme tels; et pourtant elle est si large qu'elle embrasse évidemment tous les actes directement ou indirectement déterminés par une im-

LA PHILOSOPHIE DK E. DE HARTMANN 7o

ression sensible. Ainsi lorsque plusieurs muscles con- )ureDt au mouvement réflexe, leur coopération simultaée ou successive est toujours mécaniquement conforme ce que le but aurait exigé. Souvent même ce concours 3nible trahir une intention véritable. On le voit par ombre d'expériences sur des animaux décapités, etc. ^lus importants encore et plus concluants sont les mouvements réflexes déterminés dans l'homme et [ans l'animal sain par les perceptions sensibles, ainsi ous les mouvements musculaires inconscients qui endent à aiguiser et à préciser les perceptions. Tous îes mouvements sont tantôt involontaires, tantôt voontaires ; mais dans ce dernier cas ils sont déterminés 3ar la représentation du but à atteindre : on y réussit oeaucoup moins bien ou pas du tout en se représentant le mouvement lui-même. La pensée provoque immédiatement la parole, penser en silence est un effort, etc. L'attention même est un mouvement réflexe, un courant centrifugal d'innervation, sans lequel toute perception distincte est impossible. Les mouvements destinés à nous protéger contre un choc, à conserver notre équilibre, et tant d'autres, sont réflexes, même les exercices qu'il faut apprendre ne se font bien que lorsque la conscience a cessé d'y intervenir. Dès qu'on calcule, on arrive trop tard. Du reste il n'y a pas de mouvement volontaire qui ne se décompose dans une série d'actes réflexes. L'impulsion partie du cerveau se transmet à des centres secondaires dont chacun prend immédiatement, pour la part qui le concerne, les dispositions nécessaires, sans que nous en sentions rien. L'anatomie du système nerveux et l'analyse de la fonction même nous conduisent également à cette conclusion. En somme il est impossible de tracer une limite quelconque entre l'action réflexe du cerveau et l'activité volontaire. Un seul et même principe préside à

tous ces phépomènes. Il n'y a que deux systèmes p»] sibles : ou bien toutes les fonctions psycliiques si^ le résultat de mouvements matériels et il n'y a de & lité que dans l'activité consciente ; ou bien Vàmepi side à toute la vie nerveuse, et la conscience n'est q Tune de ses manifestations. Mais la physiologie i montre que les mouvements réflexes ne sont poi l'eflet pur et simple des voies tracées d'avance ai courants nerveux ; au contraire, après la destructà des canaux ordinaires, le courant se fraie immédiati ment des voies nouvelles, pour peu qu'il subsiste al communication quelconqpie entre les parties. Nous s vons également que la plupart des mouvements li flexes peuvent être supprimés par la volonté, mop nant un certain exercice. Enfin, si la finalité qu'o observe dans les mouvements réflexes dépendait d'd appareil mécanique, il serait impossible d'expliqwl l'inépuisable richesse des combinaisons suivant les quelles ces mouvements s'adaptent aux changemeol des circonstances. Nous ne saurions donc nous exfl quer ces mouvements que par la volonté des ganglion et de la moelle épinière, qui perçoivent le stimuW appliqué et qui cherchent à l'écarter, mais sans 2^ rendre compte des moyens qu'ils emploient. En d'aii très termes, les mouvements réflexes sont les actions instinctives des centres nerveux inférieurs.

VI. La puissance réparatrice de Vorganisme daiti les lésions et dans les maladies oflre encore un vasta champ d'action à cette activité intelligente, quoique inconsciente, dont nous avons constaté la présence! dans l'instinct et dans les mouvements réflexes. Et eo eflet il n'y a pas de limite tranchée entre cette for» réparatrice et l'instinct. Quand la patte d'un crabe est blessée, elle tombe et repousse ; celle de l'araignée ne

repousse ainsi qu'aux articulations, seulement elle ne tombe pas d'elle-même quand il le faudrait, mais l'araignée l'entortille dans sa toile et se l'arrache. Qui pourrait voir là deux principes? Dans le travail de réparation des organismes, l'intelligence et la volonté sont encore plus décentralisées que dans les actions réflexes. L'âme y agit dans les ganglions de la vie nutritive, et jusque dans les cellules. Mais partout nous voyons une force intelligente dominer le cours des effets mécaniques vers un but déterminé par l'idée de l'organisme : les essais d'explications matérialistes n'aboutissent pas. Il n'est pas vrai non plus que cette providence individuelle s'égare, comme on l'entend dire assez souvent, et que la force vitale soit une source de maladies. Aucune maladie ne procède du fond même de l'organisme, toutes sans exception ont leur cause première dans une perturbation venant du dehors ; et ce que l'organisme fait pour les guérir est toujours bien fait, quoiqu'il ne réussisse pas toujours. Ce n'est pas la sagesse qui est en défaut, c'est la force qui lui manque. La suppuration exagérée, par exemple, qui entraîne l'épuisement et la mort, n'est pas le résultat d'un effort mal calculé, mais celui d'influences étrangères à l'oi^anisme, comme le prouve l'efficacité des désinfectants.

VII Arrivons à Vinfluence de Vesprit conscient sur les fonctions organiques. Ici le pas appartient à la contraction musculaire, qui est déterminée par un courant analogue au courant électrique. Nous avons déjà vu que les mouvements volontaires se décomposent en actes réflexes de la moelle épinière, etc., causés par l'irritation qui part du cerveau. A chaque transmission l'intelligence et la volonté inconscientes du centre excité jouent leur rôle. Gomment la volonté

produit-elle le courant d'innervation ? Nous ne sa\oi On ne peut pas éviter d'attribuer à la volonté u action mécanique; mais c'est une action assez faible proportion du résultat, comparable au mouvemesti canonnier qui fait partir le coup de sa pièce. Qi nous, la matière explosive est accumulée dans le $;| tème nerveux par l'alimentation. Quand le counl moteur parcourt les nerfs, toutes les molécules di ils se composent ont la même polarité, tandis ai dans l'état de repos elles présentent des polarités dii rentes, qui se neutralisent. Là se trouve la force aod mulée ; le minimum d'action mécanique exercée pari volonté consiste vraisemblablement à imprimer i mouvement de rotation à quelques molécules des ce très. La construction anatomique des nerfs favcffî cette hypothèse, sans que les nerfs proprement di soient absolument indispensables à l'influence de volonté.

Quant aux représentations sensibles, il n'y en a pi sans attention, c'est-à-dire sans un courant nerreti dans la direction de l'organe intéressé : si nous pensoi à des mots, il se dirigera sur la gorge, à des ims^e vers les yeux. La clarté et la vivacité des représenta tions est proportionnelle à la longueur et à l'intensl de ces irradiations.

Citons encore le magnétisme animal, dont la réali^ ne devrait plus être mise en question. Ici encore ' volonté consciente n'agit que par l'intermédiaire d'ui volonté inconsciente ; le magnétiseur sait ce qu'il veo mais ne sait pas comment il opère.

La volonté exerce encore une certaine influence si les fonctions végétales, influence très limitée sans doutt mais que l'exercice accroît. Cette influence n'est pos sible que par le concours d'une volonté incanscienti dont nous avons déjà constaté l'intervention nécessair

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