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Essais de philosophie et de morale

Des personnes qui ont sur moi la plus juste autorité m'ont conseillé la publication que je fais aujourd'hui. Elles veulent bien remarquer ce qu'il y a de soin dans mes écrits , mais elles regrettent qu'ils

soient épars ou mal désignés par des titres trop vagues ; je réunis donc ici les travaux de plu-» sieurs années sons le titre qui me semble leur convenir, parce qu'il représente le mieux la direction constante de mon esprit. Il m'a paru de bonne heure que le plus intéressant objet proposé à la curiosité de l'hommcj c est Tbomme, soit qu'on observe, comme les historiens^ les économistes et les politiques^ le mouvemeiit et les lois des sociétés qu'il a formées» soit que, comme les pliilosophes et les moralistes^ comme tout notre-dix-septième siècle, on Tétudie en lui-mcmc et qu'on s eflbrce de le saisir. Celui qui, livré à cette étude, a goûté une fois cette sorte de vérité, ne s'en passe plus, il ne se plaît plus où elle

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n'est pas ; la littérature et Tart lui paraissent vided^ s'iln^y a pas quelque chose sous leur prestige, une idée vraie, uu sentiment vrai*

Quelque jugcmeut que l'oa jioile sur cob deux volumes, si on dàigne s'en occuper, on y reconnaîtra du moins cette inspiration, et j'espère qu'elle leur fera trouver grfice pour des imperfections dont j'ai la conseience ; je prie aussi les lecteurs du Journal des X>ebaU de protéger un ouvrage dont une grande part a été laite pour eux.

Versailles, 19 décembre lS6d.

Ernest Bbbsot.

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