X AVANT-PROPOS
soit la profondeur de ses vues, et quelque admirable qu'en soit l'exposition dans le Phèdre^ et plus encore dans le Banquet, sa pensée présente, dans cette question, ce défaut qu'on rencontre partout dans sa doctrine, défaut dont j'ai montré ailleurs les raisons (1), et que je désignerai ici par un mot, l'indétermination. L'idée platonicienne est, en général, l'idée abstraite et indéterminée, et elle est indéterminée parce que Platon n'a pas saisi l'idée concrète et déterminée, l'idée systématique et spéculative. C'est pour faire disparaître cette lacune, et pour définir plus exactement l'idée de l'amour que, in inspirant de la pensée de ces deux grands maîtres, je veux dire de Platon lui-même et de Hegel, j'ai écrit cet essai. Le lecteur dira jusqu'à quel point j'ai réussi.
Enfin, je n'ai pas suivi d'autre voie en écrivant le troisième essai. Cet essai est un discours d'ouverture d'un cours de philosophie de l'histoire que j'ai commencé àNaples, en 1862, que j'ai continué depuis cette époque, et qui n'est pas encore terminé. Ce que je me suis proposé dans cet écrit, c'est de déterminer l'idée de la philosophie de l'histoire. Y a-t-il un principe de l'histoire? Et
(1) Dans l'Introduction à la Philosophie de Hegel, et dans YHégélianisme et la Philosophie.
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AYANT -PROPOS. x
ce principe peut-il être autre que l'idée de l'histoire? Et quelle est la nature de cette idée? Enfin, quelle est la place que l'idée de l'histoire, et, par suite, l'histoire des nations, occupe dans l'univers ? Ce sont là les points principaux autour desquels tournent les recherches contenues dans cet écrit, et qui, comme il est aisé de le voir, forment la base et le dessein général et absolu de toute philosophie de l'histoire.
Paris, 11 octobre 1864.
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