PRÉFACE
En me décidant à réunir quelques-unes des études que j'ai publiées depuis une quinzaine d'années, je voudrais — tout en m' excusant sur leur imperfection — m? efforcer d'indiquer très brièvement leur caractère.
Asseï dissemblables par les sujets qu'elles traitent, elles me paraissent cependant avoir quelque chose en commun. Elles témoignent des préoccupations que peut inspirer le spectacle offert par l'évolution et les vicissitudes de quelques-unes des idées directrices de notre temps.
Si c'est être idéaliste que de croire à l'importance et au rôle des idées dans le monde, c'est là, certes, une qualification contre laquelle je ne m'aviserai pas de protester.
Il me paraît de plus en plus probable que le monde est dominé et conduit par des idées, c'est-à-dire par des conceptions qu'élabore l'esprit humain et qui le déterminent à l'action. Il n'y a pas de « matérialisme » historique ou social qui puisse contredire une constatation aussi simple. Car, enfin, les « intérêts », quelque énergie quon leur attribue, n'opèrent point par eux-mêmes. Ils n'agissent sur l'intelligence et sur la volonté qu'autant qu'ils se traduisent par des