EXPÉRIENCES DE M. LE COLONEL DE ROCHAS
« La plupart des sujets, quand on hyperesthésie leurs yeux par certaines manœuvres, voient s'échapper, des animaux,
des végétaux, des cristaux et des aimants, — des lueurs
(/est ce qu'a constaté pour la première fois, il y a une cinquantaine d'années, parde nombreuses expériences, un savant chimiste autrichien, le Baron de Reichenbach.
« Chez l'homme, ces effluves sortent des yeux, des narines, des oreilles et de l'extrémité des doigts, pendant que le reste du corps est simplement recouvert d'une couche analogue à un duvet lumineux. Quand on extériorise la sensibilité d'un sujet, le sujet voyant voit cette couche lumineuse quitter la peau et se porter précisément dans la couche d'air, où l'on peut constater directement la sensibilité du patient par des attouchements ou des pincements.
« tën continuant les manœuvres propres à produire l'exté-
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riorisation, j'ai reconnu, à l'aide de divers procédés, qu'il se produisait successivement une série de couches sensibles très minces, concentriques, séparées par des couches insensibles, et cela jusqu'à plusieurs mètres du sujet. Ces couches sont espacées d'environ cinq à six centimètres, et la première n'est séparée de la peau insensible que de la moitié de cette distance
« ... Ce que je considère comme nettement établi, c'est que les liquides, en général, non seulement arrêtent VOd (l),mais le dissolvent : c'est-à-dire qu'en faisant traverser, par exemple, un verre rempli d'eau par une des couches sensibles les plus rapprochées du corps, il se produit une ombre odiquc, les couches suivantes disparaissant derrière le verre sur une certaine étendue; de plus, l'eau du verre devient entièrement sensible et émet même au boul d'un certain temps (probablement quand elle est saturée) des vapeurs sensibles qui s'élèvent verticalement de sa surface supérieure. Enfin, si l'on éloigne le verre, l'eau qu'il contient reste sensible jusqu'à une certaine distance, au delà de laquelle le lien qui l'unit au corps du sujet semble se rompre, après s'être graduellement affaibli. Jusqu'à ce moment, le sujet perçoit, sur la partie la plus rapprochée de l'endroit où était l'eau lorsqu'elle s'est chargée de sa sensibilité, tous les attouchements que le magnétiseur fait subir à cette eau, bien que la région de l'espace où l'on a transporté le verre ne contienne plus, en dehors de ce verre, de parties sensibles.
a L'analogie que présente ce phénomène, avec les histoires des personnes qu'on a fait mourir à distance, en blessant une figure de cire modelée à leur image, était évidente. J'essayai si la cire ne jouirait pas, comme l'eau, de la propriété d'emmagasiner la sensibilité, et je reconnus qu'elle la possédait à
(1) Aôd, Od (Tn), lumière astrale positive : c'est la force psychique de Crookes. — Rochas a conservé ce nom, que M. de Reichcnbacli avait attribué aux effluencos lumineuses dont il est question plus haut.
Vu la longueur de cette relation, nous supprimons tout ce qui no tend pas directement au but. Plusieurs points, chaque fois, signalent la coupure.
un haut degré, ainsi que d'autres substances grasses, visqueuses ou veloutées, comme le cold-cream et le velours de laine Une petite slatuelte, confectionnée avec de la cire à modeler et sensibilisée par un séjour de quelques instants en face et à une petite distance d'un sujet, reproduisit les sensations des piqûres dont je la perçais, vers le haut du corps, si je piquais la slatuelte à la tète, vers le bas, si je la piquais aux pieds... Cependant je parvins à localiser exactement la sensation, en implantant, comme les anciens sorciers, dans la tétede ma figurine, une mèche de cheveux coupée à la nuque du sujet pendant son sommeil. C'est là l'expérience dont noire collaborateur du Cosmos a été le témoin et même l'acteur; il avait emporté la slatuelte ainsi préparée derrière les casiers d'un bureau, où nous ne pouvions pas la voir, ni le sujet, ni moi. Je réveillai Madame L#,\ qui, sans quitter la place, se mit à causer jusqu'au moment où, se retournant brusquement et portant la main derrière la tête, elle demanda en riant qui lui tirait les cheveux ; c'était l'instant précis où M. X*** avait, à mon insu, tiré les cheveux de la statuette.
« Les effluves paraissant se réfracter d'une façon analogue à la lumière, qui peut-être les entraîne avec elle, je pensai que si l'on projetait, à l'aide d'une lentille, sur une couche visqueuse, l'image d'une personne suffisamment extériorisée, on parviendrait à localiser exactement les sensations transmises de l'image à la personne. Une plaquechargée de gélatinobromure et un appareil photographique m'ont permis de réaliser facilement l'expérience, qui ne réussit d'une façon complète que lorsque j'eus soin de charger la plaque de la sensibilité du sujet avant de la placer dans l'appareil. Mais en opérant ainsi, j'obtins un portrait tel, que si le magnétiseur touchait un point quelconque de la figure ou des mains, sur la couche de gélatino-bromure, le sujet en ressentait l'impression au point exactement correspondant ; et cela, non seulement immédiatement après l'opération, mais encore trois jours après, lorsque le portrait eut été fixé et rapporté près du sujet. Celui-ci parait n'avoir rien senti pendant l'opération du fixage, faite loin de lui, et il sentait également fort peu quand on touchait, au lieu du gélatino-bromure, la plaqur
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de verre qui lui servait de support. Voulant pousser l'expérience aussi loin que possible, et profitant de ce qu'un médecin se trouvait présent, je piquai violemment, sans prévenir *>t par deux fois, avec une épingle, l'image de la main droite de Madame L**\ qui poussa un cri de douleur et perdit un instant connaissance. Quand elle revint à elle, nous remarquâmes sur le dos de la main deux raies rouges sous-cutanées qu'elle n'avait pas auparavant, et qui correspondaient exactement aux deux écorchures que mon épingle avait faites en glissant sur la couche gélatineuse.
« Voilà les faits qui se sont passés le 2 août, non pas en présence de membres de l'Académie des Sciences et de l'Académie <le Médecine, comme on l'a raconté, mais devant (rois fonctionnaires de l'École (polytechnique)... Je partis le soir même pour Grenoble.
« ... A mon retour de Grenoble, j'ai retrouvé Madame L***, et j'ai pu recommencer l'expérience de la photographie, qui a réussi sans tâtonnements en suivant le mode d'opération reconnu bon le 2 août.
« L'image ayant été immédiatement fixée, je fis avec une épingle une légère déchirure sur la couche de col ludion, à l'emplacement des mains croisées sur la poilrine : le sujet s'évanouit en pleurant, et, deux ou trois minutes après, le stigmate apparut et se développa graduellement, sous non yeux, sur le dos d'une de ses mains, à la place exactement correspondante à la déchirure.
« Le cliché n'était, du reste, sensible qu'à mes attouchements ; ceux du photographe n'étaient perçus que lorsque j'établissais le rapport, en touchant sa personne, soit avec le pied, soit autrement.
« Le 9 octobre, une épreuve sur papier ayant été tirée, je constatai que cette épreuve n'avait qu'une sensibilité confuse, c'est-à-dire que le sujet percevait des sensations générales, agréables ou désagréables, suivant la manière dont je la louchais, mais sans pouvoir les localiser. Deux jours après, toute sensibilité avait disparu, aussi bien dans le cliché que dans l'épreuve.
« Le IV Lnvs m'a dit que, pendant mon absence, il avait
essayé de reproduire le phénomène dont on lui avait parlé, et qu'il avait pu obtenir la transmission de sensibilité à 35 mètres, quelques instants après la pose... »
(Paris, le 15 octobre 1892).
Cette suite d'expériences, ordonnées avec autant de sagacité que de logique, révèle si clairement la nature du sortilège, que tout commentaire ne ferait qu'en amoindrir la portée. Mieux vaut laisser l'éloquence des faits convaincre le Lecteur. Aussi nous bornerons-nous à quelques brèves remarques.
Le colonel de Rochas, bien que familiarisé avec renseignement des Écoles mystiques, et très au courant des traditions populaires de la Goëtie, n'admet toutes ces données qu'à titre de simples renseignements à vérifier. Bref, il est et veut demeurer un pur expérimentateur, un simple physicien. Les occultistes ne sauraient trop s'en réjouir, car c'est ce qui décuple auprès du public profane l'autorité de ses expériences. Ainsi M. de Rochas est amené par la force des choses et par la stricte induction scientifique, au contrôle progressif des secrètes doctrines, plus de cent fois séculaires, de l'universel Èsotérisme, toujours invariable sous la multiplicité des mythes et des emblèmes.
Il vérifiera de la sorte, une à une, les notions traditionnelles qui forment la base de la physique et de la physiologie occulte.
Mais de pareilles expériences ne sauraient être sans danger.
La loi de répercussion traumatique, si magistralement
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démontrée par Rochas, lui réserve peut-être de désagréables surprises.
Tant que ses sujets en seront quittes pour une sensation douloureuse, des égratignures sous-cutanées et un évanouissement de quelques secondes, l'inconvénient sera minime, et de qualité négligeable. Mais il est des organes essentiels à la vie, auxquels la moindre lésion serait funeste. Le fait de la stigmatisation répercussive, effectuée à distance, sous certaines conditions, est désormais hors de doute; mais le secret mécanisme en demeure obscur. Quel expérimentateur oserait répondre qu'accidentellement, un jour, par suite de quelque réfraction imprévue ou d'une interférence de plans dynamiques, le cœur ou le cerveau du sujet ne deviendront pas le siège du phénomène encore inexpliqué ?...
Il parait certain que la plupart des cas d'envoûtement criminel, préparés d'avance par des menaces, se bornaient à un système de piqûres ou de brûlures quotidiennes et superficielles. Un état d'obsession en résultait pour le maléficié ; une angoisse de chaque instant centuplait chez lui les maux physiques par leur répétition auto-suggestive. Son esprit se frappait; il perdait l'appétit, le sommeil... La mort enfin pouvait s'ensuivreà longue échéance. — Mais il appert de pièces authentiques, et plusieurs dossiers de procès de sorcellerie en font foi, que souvent aussi la mort occulte frappait la victime, à distance, d'une sorte instantanée et foudrovante. Lacertitude d'une possibilité semblable doit servir d'avertissement à tous les investigateurs, curieux de contrôler au
laboratoire les expériences de M. de Rochas. Tout Immonde ne peut se flatter de joindre, comme lui, à des connaissances spéciales, une habitude et une prudence indispensables en ces recherches.
Lui-même nous a fait part d'un accident regrettable, arrivé à l'un de ses sujets ; accident qui, grâce au Ciel, ne comportait pas de suites bien graves. Un soir que le physicien avait terminé la suite de ses expériences, i! jeta par la fenêtre le contenu d'un verre qui avait servi à Tune d'elles : c'était de l'eau, chargée de la sensibilité d'un sujet. On était alors en plein hiver, et l'eau vivante se congela dans l'instant qu'elle fut répandue. Rochas referma sa fenêtre et n'y songea plus. Aussi ne fut-il pas médiocrement stupéfait d'apprendre, le lendemain, que son sujet de la veille avait passé une nuit affreuse. Transi jusqu'aux moelles, rien n'avait pu \e réchauffer dans son lit, où il s'était tordu, en proie à de douloureuses tranchées. Par bonheur, l'indisposition fut passagère, et l'accident n'eut pas de conséquences plu? fâcheuses.
Peut-être l'expérience des plaques sensibilisées seraitelle sujette à réserver de pires surprises, à l'essai de procédés où Ton fait usage de substances extrêmement vénéneuses. Nul doute que la loi de réversibilité magique ne s'exerçât identiquement, de l'objet sensibilisé h l'orgmisme humain, — soit que le fluide vital fût répandu sur une plaque, ou qu'il saturât l'eau d'une éprouvette. On fera bien d'y prendre garde.
C'est ce même principe de la réversibilité qui, d'un être vivant à l'autre, préside au transfert d'un état neu-
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rologique, — phénomène étrange et positif, dont le médecin en chef de la Charité, M. le DrLuys, fait à la thérapeutique une application quotidienne. Il a des sujets sensibles, auxquels il communique en apparence la maladie des valétudinaires en traitement. Pour effectuer ce transfert, il fait usage d'aimants, de couronnes magnétiques d'une certaine puissance. Tous les symptômes pathologiques du malade se manifestent chez le sujet influencé, et c'est sur ce dernier que le Dr Luys opère, au lieu d'agir sur le malade : ce qui fait songer au grand Paracelse, réalisant des cures merveilleuses, non point, il est vrai, sur une tierce personne, mais sur une statuette de bois ou de cire, en rapport sympathique avec son client malade ou blessé(l). Contre-envoûtement, sortilège pour le bien, et Ton serait tenté d'écrire « bénéfice », n'était le mot consacré dans un autre sens.
Pour en revenir à l'envoûtement par l'image photographique, observons qu'il ne serait pas impossible d'obtenir, au moyen d'un cliché dont on redressât l'image, un véritable spectre de pénombre, un pseudo-corps astral de la personne absente, et d'agir directement sur ce fantôme comme sur un volt.
(i) Souvent, lorsque le ma! était bien localisé, et ne ressortissait pas à un état pathologique général, Paracelse moulait en cire ou sculptait en bois la représentation exacte du membre malade, qu'il traitait par les caustiques, ou par la poudre de sympathie, selon les cas, après avoir établi le rapport entre l'organe malade et son image. — Cette méthode curative était décriée comme absurde, et les confrères du grand Auréole s'en égayaient fort. Celui-ci n'en continuait pas moins, avec sérénité, à guérir tel genou malade en appliquant • des cautères sur une jambe de bois ». De là le proverbe, apparemment.
Les Lecteurs du Temple de Satan se rappellent sans doute que les anciens sorciers faisaient entrer dans la composition du volt des débris d'ongles, une dent, des cheveux, — en un mot, quelque détritus provenant du destinataire du sortilège, — et qu'ils habillaient, si possible, la figurine avec des étoffes qu'il eût beaucoup portées. Cela était en vue d'établir le rapport, à défaut de quoi toutes les cérémonies sont en pure perte. Il est présumable que ces brigands soulignaient de paroles ambiguës, ou qu'ils aggravaient par une attitude menaçante, l'acte ostensible de soustraire à leur future victime quelque objet usager, pour la composition ou le costume de la « manie ». La terreur, comme nous l'exposerons au prochain chapitre, a pour conséquence une immédiate déperdition de fluide vital, effluve que peut-être avaientils l'artde concentrer sur l'objet de leur larcin manifeste.
Ce qui rendait dangereuse au sorcier même la pratique de l'envoûtement, — et en raison directe de sa possible efficacité, — c'était la passion féroce qu'il développait en lui jusqu'au délire, dans le rite de l'exécration . Lui-même, à son insu, saturait le volt de sa propre vie extériorisée ; et, pour peu que le destinataire de ses haines ne se trouvât pas en phase de passivité réceptive, c'était alors Texécrateur qui devenait victime de son malengin. La loi du choc en retour le surprenait désarmé, dans la période de dépression et de lassitude, consécutive à celle de fièvre et d'exacerbation physiologique.
Pareil effet répercussif était surtout à craindre, dans les cas de vénéfice, ou d'envoûtement par les fluides empoisonnés. Les anciens bergers, à qui ces pratiques
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semblent avoir été familières, jetaient la contagion magique sur tout un pays, ou seulement sur une famille, ou sur les bestiaux d'une seule étable. Nous avons résumé au tome précédent la curieuse affaire des Sorciers de la Brie (1), à la fin du xvir siècle, et nous prions le Lecteur d'y reporter les yeux. La charge d'empoisonnement magique (ou « gogue », ou o gobbe (2) ») usitée par ces bandits, avait nom le Beau-Ciel-Dieu; ils l'appelaient encore le magistère des neuf conjuremenls. Nous n'insisterons pas sur sa composition, qui, selon toute vraisemblance, ne se bornait point au mélange des ingrédients bizarres dont ils ont livré le détail à leur procès (3). Ce qui est hors de doute, c'est l'effroyable efficacité de ces malengins ; les pièces authentiques de l'enquête ne laissent place pour aucune incertitude à cet égard. Les gogues, enterrées dans le voisinage desétables proscrites, ne dégageaient leurs effluves mortifères qu'à la condition d'être arrosées de temps en temps de vinaigre: les laissait -on se dessécher, le mal cessait de sévir; dès qu'on y versait à nouveau le liquide voulu (4), la contagion reprenait de plus belle.
(1) Le Serpent de la Genèse, I. Le Temple de Satan, pages 176- 181 et suiv.
(2) Cf. Thiers, curé de Vibraie, Traité des superstitions qui regardent les sacrements, Paris, 1741, 4 vol. in- 12 (tome I, page 132).
(3) Le Serpent de la Genèse, I, Le Temple de Satan, pages 180-181 .
(4) Peut-être les sorciers ont-ils parlé de vinaigre pour donner le change à leurs juges : nous avons tout lieu de croire que le liquide dont on humectait les gogues renfermait du purin ou du lait des bestiaux voués à mourir...
Cette hypothèse nous remet en mémoire une pratique abominable, relatée par L.-A Cahagnet. dans sa Magie magnétique. lien tient l'indication d'un maitre-ouvrier chez qui il a exercé quelque temps son état
L'aventure sinistre de Bras-de-fer, que nous avons produite et dont on aurait mauvaise grâce à suspecter l'authenticité Jémoigncdes foudroyantes atteintes du choc en retour. A la moindre étourderie, cette mort affreuse menace le magicien noir, dans la pratique de l'envoûtement en général, du vénétiee en particulier.
C'est pour conjurer ce péril, que les fauteurs de sortilège ont imaginé l'envoûtement réversible sur un tiers, à titre conditionnel. Tel est le tnalé/ke de dJvialhn. Le ricochet de l'influx mortel, qu'un obstacle a brusquement détourné du but, peut alors rebondir sur une victime subsidiairement désignée d'avance, et qui sera tantôt un homme, tantôt un animal (I).
do tourneur. Nous allons transcrire, dans son réalisme naïf, le récit du patron do Cahagnet : « Encore très jeune, lorsque je faisais mon tour do France, je trouvai de l'ouvrage dans une boutique dont la maîtresse devint amoureuse de moi. Je ne tardai pas, vu mon «âge et mon peu d'eip irience, à obtenir délie ce qu'elle m'offrait volontiers; mais comme elle était vieille et qu'elle avait une lillc de mon âge environ, je me sentais plus amoureux de la fille que de la mère, aussi le lui laissais-je apercevoir; je fis même une condition de notre liaison, de les connaître toutes les deux. La mère me promit tout; mais elle voulait m' ;pouser elle -m 'me avant de m accorder sa fille. Je trouvai la proposition d'autant plus étonnante, que le mari de cette femme existait et dirigeait notre atelier. Je lui en fis l'observation. Kilo me dit : .< Tu vois quelle mine il a, il va descendre la garde au premier jour, e travaille à nous en débarrasser. Il était un dur à cuire; voilà plus de quinze mois que je fais cetle besogne; mais avant trois mois.il sera parti! — Eh! quelle besogne fais-tu donc, lui demandai je ? — Pardié, me répondit-elle, tous les matins il va faire sou cas sur le fumier : et moi, j'y vais jeter une pincée de... Tu vois, reprit la femme, quelle courante il a,... il n'y a plus qu'espoir. » (Magie magnétique, Paris. 1858, in 18, pages 441-442.)
(1) N. S. Jésus-Christ, délivrant une possédée, envoie les démons dans les corps d'une troupe de pourceaux. Cette allégorie évangélique a certainement trait à la loi occulte de substitution.
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.Quiconque ne craint pas les envoûteurs se trouve par le fait même à l'abri de leurs atteintes. Cette règle générale comporte, à notre connaissance, une exception, — presque négligeable, en raison de sa rareté. L'une et l'autre reposent d'ailleurs sur des données qu'il vaut mieux taire.
Quant à ceux qui ont peur des sortilèges el qui se savent des ennemis capables de recourir à ces criminelles pratiques, l'emploi des talismans, des pentacles leur sera utilement conseillé, ainsi que l'exact accomplissement de leurs devoirs religieux. Les personnes pieuses s'en tiendront même avec raison à ce dernier moyen de défense, qui est peut-être le meilleur, car il renferme aussi les autres. L'usage des sacrements et des sacramentaux ne fera-t-il point participer ces fidèles à la chaine sympathique de leur communion religieuse, tandis que chapelets, Agnus dei, médailles miraculeuses, etc., leur deviendront d'efficaces amulettes? Un dernier conseil, d'une capitale importance, aux timides et aux passifs : qu'ils se gardent, sur toute chose, d'aliéner leur ascendant, par leur complaisance à servir de sujets au premier venu, qui se montrerait désireux de reproduire à tâtons quelque expérience de magnétisme ou d'hypnose ! Le consentement, en pareil cas, peut équivaloir à une abdication positive de la volonté, et même à quelque chose de pis. Un pacte tacite peut être conclu de la sorte. Avec qui ? Avec l'Inconnu...
Les faits aussi paradoxaux qu'incontestables, de l'ordre de ceux que Rochas a contrôlés et décrits, sont infiniment plus complexes qu'on ne le croit ; ils restent mys-
térieux dans leurs causes et dans leur mécanisme secret.
Peut-être un lecteur superficiel de la relation rédigée parce savant, en conclurait-il que l'envoûtement consiste en un phénomène fort analogue à ceux qui relèvent de l'électricité dynamique, ou des autres forces occultes de la Nature. Un tout petit détail lui prouverait sa bévue, pour peu qu'il y réfléchit un moment.
« Le cliché, dit Rochas, n'était sensible qu'à mes attouchements; ceux du photographe n'étaient perçus que lorsque j'établissais le rapport, en touchant sa personne, soit avec le pied, soit autrement. » — Ainsi, lors des expériences de Rochas, la sensibilité du sujet, inséparable de la force occulte qui lui sert desubstratum, imbibait en réalité la pellicule gélatineuse où l'image était empreinte : et néanmoins, — qu'on nous passe l'expression, — cette sensibilité n'était sensible et vulnérable que pour le magnétiseur, ou pour ceux auxquels un acte de sa volonté, traduite par un signe (le contact), concédait le privilège d'influer sur la couche sensible !
Soutiendra-t-on que (le courant n'étant transmis, du sujet à l'objet, et vice-versâ, que par l'intermédiaire du magnétiseur seul), le cliché perde toute sensibilité dès la cessation du contact, direct ou non? — L'hypothèse n'est point recevable, puisque mainte expérience a prouvé qu'il s'agit bien d'une saturation de fluide statique, perma- i nente plusieurs jours durant.
Supposera-t-on que, — lors d'un accident relaté plus haut, quand le malheureux sujet grelotta la fièvre toute une nuit, — M. de Rochas ait sournoisement passé cette nuit entière à la belle étoile, par on ne sait combien de
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degrés de froid, pour ne pas rompre le rapport fluidique avec l'eau répandue sur le sol glacé ?
Non ! Cet ordre de phénomènes composites, où les forces de la Nature et de la Vie ne se manifestent que maîtrisées, maniées, ou tout au moins évertuées par le vouloir humain, relèvent de la Magie proprement dite, non point seulement de la physique secrète.
Paracelse invoquerait ici les spécialités de son merveilleux Aimant, le Magnes intérieur et occulte, qui n'est autre que le Verbe adamique.
« La Naturecst en somnambulisme », pour emprunter à Saint-Martin son étonnante métaphore, qui peut-être n'en est pas une. Elle dort, et c'est à la Volonté de l'homme, cette divine Essence (c'est-à-dire à l'homme même), qu'est dévolue la mission de l'éveiller.
L'homme « rendra le verbe » à la Nature muette, — à la Belle-en-l'Univers-Dormant, — entraînée jadis avec lui dans le gouffre de déchéance. Tel se formule le Ministère de V Homme-Esprit.
Que la volonté soit créatrice et la spiritualité malheureusement active dans le mal comme dans le bien, c'est une conséquence inévitable du libre-arbitre. La découverte de Rochas (révélatrice de criminelles manœuvres, longtemps reléguées par la Science dans le domaine de l'absurde) n'en porte pas moins témoignage, par les réflexions qu'elle suggère, de la royauté mystique du Vouloir humain
L'époque actuelle, — où émergent au grand jour de
la publicité ces notions mixtes d'une Science qui subjugue les Forces naturelles au service du Vouloir, — marque l'ouverture d'un nouveau cycle :
Magnus ab integro sxclorum nascitur ordo !
Le point tournant est doublé ; la nuit de la matière tire à sa fin : une pâle blancheur dénonce, à l'horizon oriental, l'aube future de réhabilitation et de délivrance.
L'Adam kabbalistique apparaît, dans l'exil de Malkouth, un céleste monarque détrôné, à qui la souveraineté d*enbas fut offerte en dérisoire compensation. Mais le véritable empire de l'Homme, plus tard lui sera rendu... Déjà certains indices font pressentir, selon la parole de l'Écriture, que son royaume nest pas de ce monde. Déjà Tàpre diadème d'acier qui déchirait son front s'éclaire par intermittences depiphaniques reflets. Un jour viendra, de gloire et d'apothéose, où sur sa tête la couronne terrestre étincellera, transmuée dans un nimbe en fleurons d'or fluide et mélodieux.
Ce sera le Symbole de la Volonté triomphante ; et le Monarque, remis en jouissance de son légitime héritage, assumera, dans sa transfiguration, l'universelle Nature régénérée.
support, .euillet.
ête en bas,
(Section 12).
Le Pendu (douze) = Sacrifice volontaire = Interférences de plans. (L'Esclavage Magique).