II. — L'Œuvre proprement dit (préparation de la pierre
En dissolvant l'or et l'argent vulgaires dans l'Azoth ou Mercure des Sages, l'adepte d'Hermès a libéré le Soleil q vif et la Lune 3 vive, le Roi et lu Reine, le mâle et la femelle, dont les noces produiront l'Enfant royal, le miracle de la Salure et de l'art : la pierre philosophale.
Le Q vif n est autre que le Soufre métallogène A , évolué à sa perfection dans Vor vulgaire ; — la 3 vive est le Mercure métallogène Vf (l), amené à sa plus haute perfection dans l'argent vulgaire. (Tous les autres métaux sont formés des mêmes principes spécifiés, au minéral, mais en combinaison désharmonique ou à l'état impur).
Le A et le métallogènes, isolés à l'état de pureté parfaite, et revivifiés (les adeptes disent réincrudés) par l'Azoth des Sages (ou combinaison du A et du Vf uni versels dans une prison saline), constituent la matière pro-
minéral. et dont la combinaison, en de justes proportions salines, donne naissance aux divers métaux.
MAGIE DES TRANSMUTATIONS
*iaine de V œuvre : les deux ferments dont le concours ïlébis) forme le pur sperme des métaux.
Rien autre ne doit être emprisonné dans Vœuf et soumis u régime gradué de l'Athanor. La chaleur dune seule ampe doit conduire V œuvre à sa perfection.
Cependant, sous l'influence combinée de la chaleur et lu temps, une série de phénomènes parfaitement déterminés se manifeste dans l'œuf. Les phases de volatilisation partielle, de fixation et de déliquescence de la matière alternent comme il convient, tandis que cette matière affecte successivement des teintes caractéristiques, dont V apparition dans V ordre voulu atteste à l'adepte qu'il n'a pas dévié du droit chemin.
Les couleurs principales se succèdent dans l'ordre suivant : le noir -5 , (corruption, tête de corbeau) le blanc 3 (ablution, terre blanche feuillée, petit Êlixir), et le rouge Q (grand Êlixir ou pierre philosophale). — Les nuances secondaires ou transitoires sont nombreuses : « Avant le noir, il y a un mélange de couleurs assez confus ; entre le noir et le blanc se trouve le gris ; entre le blanc et le rouge, le vert et le bleu, les couleurs de Fdrc-en-ciel ou du spectre solaire; puis le jaune, V orangé et enfin le rouge (1). »
La matière parvenue à la blancheur parfaite constitue le petit Êlixir, ou pierre transmit taloire au blanc, qui change les métaux imparfaits en argent; — parvenue au
(I) Théories et symboles des alchimistes, par Albert Poisson (Collection d'ouvrages relatifs aux sciences hermélifjitrs). — Paris, Chacornac, 1891, petit, in-8 carré, fig., page 129.
rouge , elle constitue le grand Êlixir ou pierre au rouge : c'est la pierre philosophale parfaite, qui transmue le* métaux en or.
On multiplie la pierre, non seulement en quantité, mah en vertu, par sa digestion et sa coction dans dix fois son poids, environ, de Mercure philosophai ou a"Azoth des Sages Cette opération ne va pas moins qu à recommencer tout l'œuvre, en scellant dans F œuf une matière qui e*t Rébis exalté à la deuxième puissance. Dans la préparation de cette matière, les ferments © et ^ sont remplacé* par une égale quantité de V Êlixir qu'on prétend multiplier. Les couleurs se succèdent dans le même ordre invariable ; mais l'œuvre évolue bien plus rapidement ; lorsque toute la matière est fixée au rouge, la pierre ne se trouve pas seulement décuplée en volume, mais en potentialité transmutatoire. Une seconde multiplication, identique à la première, aboutit à centupler la pierre, à titre non seulement quantitatif mais encore qualitatif. Et ainsi de suite, dans cette proportion : 10, 100, 1000, 10.000, etc.
1/ autres philosophes multiplient la pierre beaucoup plus simplement, en la projetant sur de l'or vulgaire en fusion, qu'elle réduit à sa propre nature de pierre.