‹ Essais de technique & d'esthâetique musicalesChapitre 4 sur 29 · Scène de régllse · texte numérisé non relu

Scène de régllse

Il apparaît souvent, sous cette forme brève, inconsistante, sans accents de mesure, offrant une progression descendante, dont le modèle est l'élément x : une quarte descendante, une tierce montante.

— Avec plus de légèreté encore :

IV

(p. 19) Rencontre à la Singschule.

— Précédé d'une préfixe accentuée et longue, sur le temps fort de la mesure, il prend un point d'appui sur cette note; c'est la forme élargie sous laquelle il est habituellement présenté :

IV

irtzr^jf •î\^'à

(p. 303) Sachs seul, 3" acte

(p. '505) Sachs etjW'alther, 3" acte

(p. 305) Sachs et Walther, 3' acte

IV

(p. 41) David et Wallhcr, r' acte

Dans la forme 3, la reprise du thème amène un circuit fermé de la courbe mélodique; de même dans la forme 5, la courbe, après s'être lentement infléchie au grave, revient au point initial.

Les formes 3 et 4 figurent fréquemment dans de longs traits d'orchestre, où elles se trouvent diversement intercalées.

Li:S MAITRES CHANTEURS

Thème V. — Le deuxième thème d'amour de Walther est appelé généralement mélodie d'amour.

Bien que très dillcrent d'aspect du précédent, il en est issu dans ses premières notes^ il ie continue, il le complète comme une conclusion logique, presque attendue. L'initium de ce motif est en effet le thème précédent, agrandi, ralenti, appuyé sur les temps principaux de la mesure, dans un mouvement modéré. C'est Tamour enhardi, plus sûr de lui-même, Tamour partagé, échangé, c'est l'harmonie de deux âmes qui s'accordent, et concluent dans une même pensée :

Fro^r«ft. dcscSQdaote

L'initium y. est l'agrandissement de l'élément caractéristique:

Au lieu d'une quarte, une quinte, après la tierce un grand intervalle descendant. Les deux premières mesures de ce thème ont bien l'allure d'une cadence, établie dans l'harmonie pure de la consonance, l'accord d'ut majeur.

Le reste du motif est un développement lyrique enthousiaste; il oftYe quelques éléments nouveaux :

,5, dessin légèrement chromatique, ayant, in fine., quelque similitude avec l'élément x\ ce dessin figurera, dans la 3" strophe du Preislied, comme modèle d'une ample progression modulante, ascensionnelle.

7, modèle d'une progression que nous avons déjà rencontrée dans une forme dérivée du thème des maîtres D', qui rapproche l'art de \Valther des formules

en usage, qui est en quelque sorte un terme de fusion, un intermédiaire entre l'art ancien et l'art nouveau; l'élément > appartient au Preislied, il est employé dans les trois strophes.

Quant à l'initium du thème présent, nous le retrouvons dans le motif du don de soi-même; il a naturellement sa place ici, immédiatement après ce thème d'amour. C'est le même groupe de notes, la parole d'amour toujours la même, indéfiniment répétée et qui vient expirer lentement sur les lèvres, dans la langueur d'une longue caresse :

répétition

tr ir

F^Èf^

fioale très .ppo!oQg«e^

Si nous considérons maintenant l'ensemble de ces deux thèmes IV et V, nous remarquons que ces modifications, ces additions, ces amplifications ont pour but de donner au groupe primitif une allure mélodique; c'est l'art lyrique, le chant qui se révèle, issu d'un geste, d'une pensée d'amour.

Ce geste, au début, dans la première scène entièrement mimée de l'œuvre, est exprimé par une image sonore très brève.

La partie ajoutée au thème est un trait assez court, qui ralentit et s'efface :

Page 1