partie djoaiee
Y —pp
(p. II) Premier regard de Walther
Le voici, ensuite, dans une sonorité plus éclatante.
plus hardie, le trait ajouté est plus ample, il donne à Tensemble une forme octaviée; en outre, il est une première indication, dans sa partie terminale, de l'élément (i du thème qui formera un des éléments du Preislied :
pji li« dj<iult;e
(p. Il) Alcnic sccne, mimique de plus en plus développée
La mimique de Walther amène une figure orchestrale, encore plus longue, oùMe trait précédent est librement interprété :
(p. 13) .Même scène
Puis, la forme initiale s'agrandit, devient exactement, mais dans une mesure différente, d'un mouvement moins égal, le deuxième thème d'amour, bientôt interrompu; Eva répond, par un geste, au chevalier :
(p. 13) Même scène
Enfin, la scène conclut d'une façon enthousiaste; Walther est bien près d'être aimé. L'orchestre reprend triomphalement le thème initial, avec certains traits :
o^^ii:!^
(p. 14-15) l'in de la Scène
LES MAITRES CHANTEURS Sq
Ainsi, peu à peu, chez Walther qui est poète, ces sentiments, ces gestes pour ainsi dire, deviennent des motifs poétiques et mélodiques; ces formes d'essai où la mesure est à peine indiquée, presque insensible, deviennent des mélodies véritables, phrases calmes^ régulières et rythmées. Cette métamorphose s'opère instinctivement par un procédé qui n'a rien de commun avec les formules des maîtres, leurs modes, leurs recettes toutes faites, connues à l'avance, et appliquées au petit bonheur. Nous arrivons ainsi aux formes définitives, tout à fait mélodiques, que nous avons décrites plus haut; nous arriverons aux morceaux de poésie étendus, au Preislied. L'identification va être complète, nous la comprenons musicalement, nous saisissons Tart merveilleux qui a conduit le thème originel jusqu'aux plus hauts degrés de son évolution et de son épanouissement.
Thème VI. — Le motif de l'amour juvénile ou du Printemps est une mélodie très nette, très franche, très expressive.
C'est le printemps, l'Avril de la nature, l'Avril de la vie avec ses effluves, ses aspirations, l'éveil du désir et de la souffrance, l'effort d'une sève vigoureuse, débordante, dont les mouvements s'épandent au dehors, tous ces sentiments, toutes ces forces qu'un seul mot résume : la jeunesse.
iuflei.aa grave àufléi. i 1 aigu
(p. m) Exemple lire du chant d'éiJrcuve
Nous y trouvons un seul élément mélodique * (un seul mot pour ainsi dire), composé de deux intervalles : la quarte descendante déjà rencontrée (i), une seconde
(i) Le rôle considérable de la quarte descendante dans plusieurs des thèmes des .Maîtres fait l'objet d'une étude spéciale dans les éléments morphologiques généraux qui sont examinés plus loin.
60 LES MAITRKS CHANTKURS
ascendante; deux longues et une brève. Cet élément a, en se répétant plus haut, constitue à lui seul tout le motif.
La structure de ce thème est donc remarquable par la régularité et la simplicité du rythme, du dessin.
La courbe mélodique a son point d'appui sur le si bémol. Partant de cette note qui sert de teneur au cursus de la phrase, elle s'infléchit au grave par rapport à cette note, puis après avoir repris son élan (3) et repassé par la teneur^ elle s'infléchit à l'aigu, et revient enfin au point de départ, le circuit mélodique se trouvant ainsi fermé.
Le mouvement de balancement qui résulte de ces deux inflexions égales esl exprimé au moyen d'un dessin unique, d'un seul élément; la courbe se ferme sans aucune addition de notes^ sans aucune partie étrangère ajoutée. De là vient sans doute que cette image très pure nous fait éprouver, par elle-même^ en dehors de toute adaptation expressive, une sensation mélodique extrêmement intense. Nous ne pouvons rien ajouter, rien retrancher.
Les formes qui en sont dérivées ont, pour cette raison, un caractère purement dynamique qui n'altère pas le dessin lui-même, mais modifie seulement la valeur des notes; elles ralentissent ou précipitent le mouvement.
C'est sous une allure lente, calme, rêveuse, que le thème est rappelé à la fin du premier acte, après la séance ou, au second, pendant la songerie de Sachs dont l'esprit est hanté par le souvenir des chants de Walther :
r^rrlrtff ^fE
(p. 150) Mil du i"acte: phrase orchestrale
Ou encore, dans une mesure différente