‹ Essais de technique & d'esthétique musicalesChapitre 18 sur 27 · Partie ajoutée ' Tb.de la s^réoadc ' Tnit fioal · texte numérisé non relu

Partie ajoutée ' Tb.de la s^réoadc ' Tnit fioal

Constamment employé au final du deuxième acte(i), où il constitue le thème d'une fugue traitée très librement^ ï\ revient fréquemment à l'acte suivant, dans la scène entre Sachs et David (p. 287 et 291), pendant le monologue de Sachs, et durant les explications échangées entre le poète et l'atrabilaire greffier.

THEMES PROFESSIONNELS

Thème XXIX. — Motif du Savetier.

En son allure brusque, répétant trois fois la note qui lui sert de point d'appui, dans une harmonie dure et discordante, le thème du savetier exprime bien l'ou-

(i). Dans ce final la Mélopée du Veilleur de Nuit est entendue deux fois (pages 20$ et 281); c'est une phrase de dix mesures, où les groupes ont la même flexion finale, des formes semblables, et qui se termine par une conclusion psalmodique sur la tonique de la tonalité (Fa majeur).

vrier faisant sa vulgaire besogne, la semelle martelée, le fil enduit de poix qui grince à travers le cuir :

XXIX'

Intervalles de quarte diminuée fa # si b, (ou tierce majeure, dans une écriture différente), de quinte diminuée mi a si b.

Harmonisation systématique^ accord de quinte augmentée employée généralement, comme dans l'exemple, en son 2* renversement, plus rarement d'autres combinaisons dissonantes.

Circuit fermé sur la note initiale (fa #), avec intercalation de deux éléments, le dernier chromatique en partie.

Ce thème, plus exactement cette formule rythmique, a naturellement une importance considérable dans une pièce dont le personnage principal est un cordonnier; c'est le refrain de sa chanson de travail, celui du chant de la corporation. Elle représente, pour Sachs, la vie brutale, matérielle, opposée à ses aspirations de poète, elle éveille en lui l'idée d'ennui, de tracas, d'obstacle (i), elle est la cruelle ironie de son existence.

Nous trouvons le thème du Savetier pour la première fois au premier acte, lorsque David fait part au chevalier de ses mésaventures dans l'art du chant (p. 46) et plus loin, quand le cordonnier poète cherche quelque malicieuse réponse, après la virulente apos-

(i) Ce caractère expressif est dû, en partie, à rharmonisation de cette formule par l'accord de quinte augmentée, accord que nous avons déjà rencontré dans le thème de la Question, et qui est employé également d'une façon thématique dans le motif de TAppréhension du concours (Th. XXXIV), analysé plus loin.

trophe de Beckmesser sur les chaussures qu'il lui a promises (p. i3o); mais c'est principalement à l'acte suivant que cette formule rythmique est entendue; elle y paraît plus de 80 fois, elle y revient constamment, tantôt sous la forme brève initiale, tantôt se répétant consécutivement avec persistance, ou présentant des progressions ascendantes ou descendantes, avec diverses modifications :

— Répétition persistante ; long passage, sous des harmonies modulantes:

XXIX

(p. 169) Sachs à David : (( Puis va coucher... sois prêt dès l'aube... ))

— Passage analogue, un peu plus loin (p. 171) lorsque Sachs veut se mettre au travail, et qu'il s'interrompt:

XXIX

— Long passage, et également modulant, au 3* acte, après le départ de Beckmesser (p. 35 1), Sachs : « Pareil vil drôle jamais je n'ai vu! >

— Répétition du premier élément :

XXIX4

(i" acte, p. 130) Passage signalé plus haut.

Progression descendante :

XXIX

(a* acte, p* i6o) Sachs à David : « Encore ? Je te prends donc à te battre >

XXIX

(2' acte, p.^igi) Fin de la scène entre Sachs et Eva

XXI» ji^.^, i'<^ ^\f^tàmnî

(2° acte, p. 219) Sachs à Beckmesser : Laissez-moi chanter en travaillant

xxix»

(2° acte, p. 225) Beckmesser à Sachs : (( C'est trop songer à mes chaus- « sures. Je vous estime fort comme bottier, l'artiste est mieux encore... de (( grâce, écoutez mon chant... »

Enfin cette formule viendra interrompre fréquemment Beckmesser préludant sur son luth^ ou chantant les premiers couplets de la sérénade.

Thème XXX. — Thème du marqueur.

Nous avons déjà signalé cette formule imitative à propos des thèmes du chevalier et de Beckmesser (Th. XVI) auxquels elle est suffixée avec une intention de caricature.

La voici employée isolément, en sa forme la plus simple, ou précédée d'un trait, d'un élan qui exprime la violence avec laquelle l'enragé marqueur manie le bâton de craie :

^mn

(1" acte, p. 55) David à Walther : « Oui, il marque... cela vous fait peur? »

(i" acte, p. 112) Beckmesser marquant pendant le chant d'épreuve, i'° strophe.

i i t j J I Jj j J j j J j ' ' HjJJi mu i jj^ g

(p. 133, 134) Id. pendant la dernière strophe.

(3' acte, p. 344) Sachs et Beckmesser.

Le greffier se méfie; hier Sachs le disputait sur ses fonctions, sur la manière dont il remplissait son rôle.

Au second acte, Sachs s'improvisant marqueur, c'est le thème du savetier, entier ou fragmenté qui servira à compter les innombrables fautes commises dans la sérénade.

Thème XXXL — Thème de V écolier.

Thème très bref, composé de deux notes (i), dont la première est ornée d'un trille emprunté à l'art ancien. C'est l'enseignement scolastique, l'élève qui ânonne, bre-

(i) A raison de sa brièveté, ce thème peut être rapproché de la plainte des Filles du Rhin, dans la Tétralogie, qui ne contient que deux notes :

j f \ Il

douille, épelle chaque mot, trouve partout des dfficultés qui l'arrêtent et interrompent son étude à tout instant.

Il forme un des éléments rythmiques principaux de la scène entre David et Walther, au premier acte; il est rappelé, à l'acte suivant, lorsque Sachs cause avec David, qu'il lui donne des ordres; il est suivi quelquefois d'un dessin mélodique tiré de la chanson de Sachs, ou mêlé à d'autres formes :

r Cbtasoa é9 Stcbs

(p- 35i 36)]David^et Walter.

llAf^IJilF Jni^

(p. 40) Id.

(p. 37) Id.

(p. 43) Id.

(p. 47 et 55) Id.

Voir également les passages du 2® acte (p. 161 et 169), Sachs et David.

Thème XXXII. — Thème professionnel de V apprenti.

Phrase très courte, motif de danse, présentant deux

formes rythmiques différentes. Sa première indication,

à trois temps, se trouve dans le rôle de David, au i^'^acte :

(p- 37j 3^ David à Walther: » Ai-je battu le cuir. »

(Répétition des mêmes éléments en progression descendante).

Il reparaît à l'acte suivant, dans un rythme binaire, associé au thème de l'écolier :

xxxïp j^'trwiErb^ ij}

(2' acte, p. 161) Fin de la seène I : Sachs et David.

THEMES ACCESSOIRES

Nous rangeons sous cette rubrique un certain nombre de motifs dont le rôle thématique est peu important, ces motifs n'étant rappelés qu'à de rares intervalles, n'intervenant pas, comme les précédents, en qualité d'éléments organiques du discours musical.

Les rôles de Walther et d'Eva nous fournissent trois de ces thèmes.

Thème XXXIIL — Motif de V interrogation cf amour.

Ce motif, entendu dans l'ouverture, est accompagné du dessin chromatique en tierces qui figure dans la grande cadence terminale du thème des Maîtres; la même note, quatre fois répétée, adoucie par un gruppetto qui amène une note plus aiguë, suivie d'un trait descendant; formes syncopées.

Interrogation émue, à la fois pressante et timide.

Il est employé, scéniquement, à la fin de la première scène de l'œuvre, à cette première entrevue d'Eva et de Walther :

d" acte, p. 29) Eva à Walther: Vous reverrai- je?

Walther répond à son tour, et le motif, en se répétant, prend un caractère plus hardi, plus passionné.

Thème XXXIV. — Motif de Vappréhension du concours.

Nous trouvons ce motif au premier acte et à Tacte suivant. Depuis qu'Eva et Walther se sont rencontrés, le concours devient un sujet de crainte, un obstacle. Que se passera-t-il, le chevalier étant refusé?

Insistance du mi et de Tinitium, idée que l'on veut chasser et qui poursuit quand même ; à la fin de la phrase effort inutile, geste découragé.

Harmonisation caractéristique par l'accord de quinte augmentée (ennui, obstacle) qui rapproche ce thème du motif de la Question (Th. XV') et de celui du Savetier (Th. XXIX).

Au second acte, plusieurs rappels du thème : David à Madeleine : ce triste affaire, tous le jugèrent échec et

mat. » (p. i56) et dans l'ensemble qui suit (i); au début de la scène entre Pogner et Eva préoccupée de ce concours (p. 162); et plus loin, pendant le dialogue échangé entre la jeune fille et la servante, où il succède immédiatement au thème de la question (p. 168).

Thème XXXV. — Harmonies du Rêve.

C'est le prélude du Preislied, une suite de grands accords doux et lents, qui séparent le monde réel de celui où la féerie du songe a transporté le poète :

ÉB:

XE

ffî

boL

xy

zr

(p- 305) Walther et Sachs

Wagner a fréquemment employé cette forme harmonique, simple et large, pour isoler^ dans le discours musical, deux éléments de nature différente, ou deux scènes dissemblables. Rappelons seulement les harmonies qui s'épandent majestueusement dans l'écroulement du Venusberg au début de Tannhâuser, celles qui précèdent le chant de l'Etoile, ou annoncent le sacrifice d'Elisabeth, dans la même œuvre.

Les harmonies du Rêve sont entendues au commencement même de la scène entre Walther et Sachs, au 3* acte, lorsque le chevalier dit au poète : « Je sors d'un songe merveilleux »; après avoir été rappelées, plus ou moins modifiées (2), dans le courant du dialogue, elles vibrent mystérieusement, en leur allure

(i) Forme brève, que les apprentis, par moquerie, donnent au thème. (2) Voir pages 305 (peu après l'exemple ci-dessus noté), 324 et 326.

initiale, lorsque Walther va raconter son rêve (i); elles apparaissent, au dernier tableau, parmi le grand silence de la foule qui voit Walther se diriger vers le tertre fleuri où se placent les chanteurs du concours (p. 439).

Nous trouvons dans le rôle de Sachs quelques thèmes secondaires qu'il faut signaler brièvement.

Deux de ces thèmes sont empruntés à la chanson de Sachs (2) : « Lorsqu'Eve, loin du paradis, s'est vue, hélas, chassée... »

Thème XXXVI. — Le premier est une phrase mélodique dont le caractère doux, un peu attristé, est tout à fait mis en évidence au prélude du 3* acte; il se compose de deux membres de phrase (3) :

fioftft

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