III
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(p. 119) initium diminué
Aucune idée ne soulève plus de contestations, de disputes. C'est contre cette idée de noblesse que s'acharne Beckmesser; il déchire le thème, comme s'il mettait en pièces le blason du chevalier... les morceaux s'éparpillent çà et là :
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L'enragé greffier fait plus encore, ramassant ces débris informes, il se les approprie, il s'en fabrique un grotesque blason (Thème XVI).
Passons maintenant aux autres thèmes de Walther.
Les thèmes inspirés par Eva se rapportent également à la poésie, au chant, à l'art lyrique, puisque pour Walther, Eva est la muse du Chant et de la Poésie.
Thème IV. — Le motif du Chanteur ou de Vamour naissant se révèle à nous comme une première indication de l'amour, un regard, un geste, un gracieux appel, fait des yeux et de la main :
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(p. Il) Scène de l'église.
Il apparaît souvent, sous cette forme brève, inconsistante, sans accents de mesure, offrant une progression descendante, dont le modèle est l'élément oc : une quarte descendante, une tierce montante.
— Avec plus de légèreté encore :
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(p. 19) Rencontre à la S-ingschule.
— Précédé d'une préfixe accentuée et longue, sur le temps fort de la mesure, il prend un point cVappui sur cette note; c'est la forme élargie sous laquelle il est habituellement présenté :
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(p. 303) Sachs seul, 3° acte
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(p. 305) Sachs et Walther, 3" acte
(p. 305) Sachs et Walther, 3' acte
(p. 41) David et Walther, i" acte
Dans la forme 3, la reprise du thème amène un circuit fermé de la courbe mélodique; de même dans la forme 5, la courbe, après s'être lentement infléchie au grave^ revient au point initial.
Les formes 3 et 4 figurent fréquemment dans de longs traits d'orchestre^ où elles se trouvent diversement intercalées.
Thème V. — Le deuxième thème d'amour de Walther est appelé généralement mélodie d'amour.
Bien que très différent d'aspect du précédent, il en est issu dans ses premières notes^ il le continue, il le complète comme une conclusion logique, presque attendue. L'initium de ce motif est en eflFet le thème précédent, agrandi, ralenti, appuyé sur les temps principaux de la mesure, dans un mouvement modéré. C'est l'amour enhardi, plus sûr de lui-même, l'amour partagé, échangé, c^est l'harmonie de deux âmes qui s'accordent, et concluent dans une même pensée :
Progrcf . dtacta4aott
L'initium ce est l'agrandissement de l'élément caractéristique:
Au lieu d'une quarte, une quinte, après la tierce un grand intervalle descendant. Les deux premières mesures de ce thème ont bien l'allure d'une cadence, établie dans l'harmonie pure de la consonance, l'accord d'ut majeur.
Le reste du motif est un développement lyrique enthousiaste; il offre quelques éléments nouveaux :
/3, dessin légèrement chromatique, ayant, in fine^ quelque similitude avec l'élément «; ce dessin figurera, dans la 3^ strophe du Preislied, comme modèle d'une ample progression modulante, ascensionnelle.
>, modèle d'une progression que nous avons déjà rencontrée dans une forme dérivée du thème des maîtres D^ qui rapproche l'art de Walther des formules
en usage, qui est en quelque sorte un terme de fusion, un intermédiaire entre l'art ancien et l'art nouveau; l'élément y appartient au Preislied, il est employé dans les trois strophes.
Quant à Tinitium du thème présent, nous le retrouvons dans le motif du don de soi-même; il a naturellement sa place ici, immédiatement après ce thème d'amour. C'est le même groupe de notes, la parole d'amour toujours la même, indéfiniment répétée et qui vient expirer lentement sur les lèvres, dans la langueur d'une longue caresse :
fioalt trts. prolongé*-
Si nous considérons maintenant l'ensemble de ces deux thèmes IV et V, nous remarquons que ces modifications, ces additions, ces amplifications ont pour but de donner au groupe primitif une allure mélodique; c'est l'art lyrique, le chant qui se révèle, issu d'un geste, d'une pensée d'amour.
Ce geste, au début, dans la première scène entièrement mimée de l'œuvre, est exprimé par une image sonore très brève.
La partie ajoutée au thème est un trait assez court, qui ralentit et s'efiFace :
(p. Il) Premier regard de Walther
Le voici, ensuite, dans une sonorité plus éclatante,
plus hardie, le trait ajouté est plus ample, il donne à l'ensemble une forme octaviée; en outre, il est une première indication, dans sa partie terminale, de l'élément fi du thème qui formera un des éléments du Preislied :
(p. 1 1) Même scène, mimique de plus en plus développée
La mimique de Walther amène une figure orchestrale, encore plus longue, où le trait précédent est librement interprété :
(p. 13) Même scène
Puis, la forme initiale s'agrandit, devient exactement, mais dans une mesure dififérente, d'un mouvement moins égal, le deuxième thème d'amour, bientôt interrompu; Eva répond, par un geste, au chevalier :
(p. 13) Même scène
Enfin, la scène conclut d'une façon enthousiaste; Walther est bien près d'être aimé. L'orchestre reprend triomphalement le thème initial, avec certains traits :
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(p. 14-15) Fin de la Scène
LES MAITRES CHANTEURS Sg
Ainsi, peu à peu, chez Walther qui est poète, ces sentiments, ces gestes pour ainsi dire, deviennent des motifs poétiques et mélodiques; ces formes d'essai où la mesure est à peine indiquée, presque insensible, deviennent des mélodies véritables, phrases calmes^ régulières et rythmées. Cette métamorphose s'opère instinctivement par un procédé qui n'a rien de commun avec les formules des maîtres, leurs modes, leurs recettes toutes faites, connues à l'avance, et appliquées au petit bonheur. Nous arrivons ainsi aux formes définitives, tout à fait mélodiques, que nous avons décrites plus haut; nous arriverons aux morceaux de poésie étendus, au Preislied. L'identification va être complète, nous la comprenons musicalement, nous saisissons Tart merveilleux qui a conduit le thème originel jusqu'aux plus hauts degrés de son évolution et de son épanouissement.
Thème VI. — Le motif de V amour juvénile ou du Printemps est une mélodie très nette, très franche, très expressive.
C'est le printemps, l'Avril de la nature, l'Avril de la vie avec ses effluves, ses aspirations, l'éveil du désir et de la souffrance, l'eflFort d'une sève vigoureuse, débordante, dont les mouvements s'épandent au dehors, tous ces sentiments, toutes ces forces qu'un seul mot résume : la jeunesse.