XIII
(p. 331) Sachs, en habits de fête, apercevant Beckmesser
(i ) Les explications fournies très amplement sur les précédents thèmes nous permettent d'aller un peu plus vite dans une énumération forcément longue.
— Inilium restant isolé^ légère esquisse du thème prenant un caractère un peu railleur :
(P- 339) Sachs et Beckmesser
— Avec une variante, plus significative par sa forme renversée, le saut de la septième et en progression ascendante :
Xlll'
(p. 341) Idem
Le thème de la bonté revient au dernier acte en deux passages : celui où Sachs répond, très ému, aux acclamations delà foule (p. 409) et celui où il raconte l'histoire du poème « pris » par Beckmesser (p. 432).
Thème XIV. — Le thème de la méditation^ appelé quelquefois thème du renoncement^ est une mélodie qui descend lentement dans la région grave, comme une pensée réfléchie, comme le mouvement de Tâme qui se replie sur elle-même, comme la méditation profonde qui cherche à découvrir les sources cachées des choses :
(p. 283) Prélude du 3"' acte
Il peut se partager en deux membres de phrase A et B, mettant en évidence^ le premier, une quinte descendante (^), le second, une sixte descendante (â), c'est-à-
dire les deux plus grands intervalles consonants que deux sons différents puissent occuper dans V octave de la gamme.
Ce thème ne présente pas de dérivées ; la longue initiale est parfois augmentée de valeur (i), ou l'allure de l'ensemble devient plus précipitée, le développement de la phrase B se fait, ainsi que nous le signalerons plus tard, par le procédé des imitations.
L'emploi de ce thème est fréquent au troisième acte ; nous en trouvons l'indication, au second, sous le troisième couplet de la chanson de Sachs: <t Oh! Eva, tu m'entends crier, tu vois ma peine amère », où le cordonnier parle de ses œuvres d'art que le pied foule à terre (2).
Thème XV. — Voici maintenant un des motifs les plus importants, un des organes essentiels de la partition ; les commentateurs lui ont donné différents noms à cause de ses diverses transformations, ils l'ont appelé le motif de l'inquiétude d^Eva, de la question, de Rembarras, la mélodie d^ imploration.
(i) Dans beaucoup de cas, lorsque la mélodie débute ainsi, et surtout lorsque le cursus s'infléchit ensuite au grave, la valeur de la note accentuée initiale n'est pas rigoureuse, elle pourrait être accompagnée dans ce thème d'un point d'orgue, comme dans celui de Walther:
ê: ' »j uT
Il s'agit ici, bien entendu, de mouvements expressifs librement exprimés, non pas de mouvements assujettis à un rythme imposé, nécessaire, régulier dans sa vitesse, comme celui d'une marche.
(2) Cette première apparition d'un thème grave, triste, presque douloureux, sous la chanson de travail de Sachs donne à ce morceau sa véritable signification ; les soucis d'un métier vulgaire, les mésaventures de notre mère Eve ne sont que des prétextes, il s'agit en réalité de la petite Evchen Pogner, c'est à elle que ce discours s'adresse ; le brave poète est préoccupé de ce que va faire la jeune fille, il est encore sous l'impression de la scène précédente, lorsqu'elle est venue lui parler, lui proposer de se mettre sur les rangs et au dernier couplet, il peut à peine maîtriser l'émotion qui l'étreint.
Nous en avons rencontré une dérivée parmi les éléments thématiques du rôle d'Eva (XI) ; son indication première se trouve à la séance de la Guilde, lorsque Sachs intercède en faveur de Walther :
xv^ (^.nij |j,i|j)
L'initium (a) a très nettement une allure interrogative; c'est la question que se pose l'inquiétude, question troublante, irritante, toujours sans réponse, suivie d'un geste (/3) qui tombe, découragé, sans forces et défaillant; le même sentiment qui persiste et grandit, après Téchec du chevalier, Tembarras d'une situation insoluble, douloureuse.
L'emploi des notes altérées, accentuées encore à l'initium par Vharmonie accompagnante^ la disposition chromatique (élément /S), sont d'un effet très expressif.
Quand Eva vient interroger Sachs, le thème est amené naturellement, la question va jusqu'au lèvres, sans oser s'affirmer, elle se dérobe par un détour, par des gestes doux et câlins, où il y a encore quelque espoir :
XV^ouXI ^|lj>,,J j)^' |i,J ^
(p. 176) Le thème est suivi des deux formes indiquées au Th. XI.
Mais bientôt, lorsque la conversation change, lorsque la question se pose effectivement, que le thème a repris sa structure primitive, et que Sachs a fait une première réponse, très brève, « Echec et mat », le thème devient une imploration, une supplication émue, la mélodie se développe, elle semble dire : « Ah ! Sachs ! Parlez, je
vous en prie... que s'est-il passé? Personne ne l'a-t-il défendu?... »:
(ta u d^implorai iott
a . f t j M Kww a impiorauna
Le trouble d'Eva, son emportement, son attente, a au moins si je pouvais le voir, le consoler !... » sa rencontre avec le chevalier provoquent des formes dérivées en un rythme plus serré, entraînent le thème dans des progressions, dans des traits dont la signification est très claire :
(Modifieatioo do tblrac)