‹ Essais de technique & d'esthétique musicalesChapitre 8 sur 27 · VI- ,af»pr irtff · texte numérisé non relu

VI- ,af»pr irtff

(p. 150) Fin du i"acte: phrase orchestrale

Ou encore, dans une mesure différente :

.y guC ^i i TT,

(p. 174) Sachs seul, 2° acte

11 a fréquemment cette allure lente et poétique.

Sa forme brève donne lieu à diverses combinaisons; elle s'élance vivement, dans un groupe serré de cinq notes, figure rythmique accélérée, dont Wagner s'est servi constamment, et dans toutes ses œuvres, pour exprimer un mouvement psychique emporté, un sentiment passionnel.

Ici le caractère purement mélodique va s'effacer

bientôt, entraîné par un courant irrésistible, c'est la

force nerveuse qui domine la forme d'art, la violence du

sentiment qui l'emporte. Si parfois la phrase conserve

la courbe fermée initiale.

(p. 5) Ouverture

Vl4

(p. 4) Ouverture

le plus souvent, son élan est trop intense pour qu'elle s'arrête, elle brise tous les obstacles, il lui faut l'espace sans limites; elle fournit à la trame musicale

d'immenses progressions où l'élément primitif est facilement reconnaissable ; ce nest plus une mélodie, c'est une force qui agit et qui va d'un point à un autre de l'échelle sonore (i) :

5 aot«s

progr. aMtodauM

(p. 14) Sortie des fidèles. Walther s'approche (TEva,

Dans la rapidité de sa course, le thème, plutôt comparable à un trait, modifie quelquefois certains de ses intervalles : la quarte descendante peut être remplacée par la sixte^ par la tierce; le rythme peut aussi devenir plus inégal :

vr

Vlr

rjthmt diff^reat an début

(dans rouverturc)

id- avec la stxta

(Chant d'épreuve)

vr

tierce, vfljts égaUmcat VI '

(Chant d'épreuve)

(i) Nous ne donnons là qu'un seul exemple, nous aurons occasion de revenir sur ces traits caractéristiques.

En d'autres cas, cette forme brève débute par une note longue, elle n'ose s'affirmer brusquement :

(p. 12) Scène mimée à l'église. Walther et Eva.

Ou, enfin, le thème dans son mouvement normal, dans sa forme primitive, se répète, à satiété pour ainsi dire, monte progressivement, comme s'il voulait s'imposer d'autorité, et par violence (final du i*' acte, 3® strophe du chant d'épreuve, Walther au comble de l'exaspération).

Les thèmes V et VI, avec leurs nombreuses dérivées, sont les motifs essentiels qui expriment le caractère de Walther, ses aspirations, ses tendances artistiques, ses pensées d'amour; en eux se résume la nature poétique du chevalier, aussi est-ce par eux que se forme la trame musicale de l'œuvre, lorsque ces sentiments sont représentés.

Ceux dont nous allons parler maintenant ont un rôle moins important, presque accessoire; ils ne donnent lieu, en principe, à aucune dérivée^ ils apparaissent dans le premier et le deuxième chant de Walther, le Chant de présentation^ appelé aussi Lied des maîtres de Walther^ et le Chant d'^ épreuve. Ce sont des figures complétives, gracieuses, se rapportant à la rêverie, à un état contemplatif, sans trouble et sans orages, à une poésie douce et sereine (i).

Le Chant de présentation fournit deux motifs : Thème VII. — L'un, montant lentement par degrés

(i) C'est également le libre enseignement de la nature opposé à l'autre, aux leçons de l'école, la forme d'art fournie par l'instinct.

chromatiques, s'infléchit par deux fois, légèrement, dans sa direction principale; il a une finale retardée^ très douce :

rturd

Thème VIII. — L'autre est une progression dont la courbe descend, lentement elle aussi, composée d'une tierce ascendante, également adoucie par la répétition de la note (m/), et d'une quarte descendante i3. peu apparente, avec des notes intercalaires qui donnent à la mélodie un léger élan :

En rapprochant ce thème de celui du Printemps (VI), nous constaterons que c'est la même forme avec des directions contraires, une image renversée^ quelque peu atténuée, comparable à celle que renvoie le mirage des

eaux :

(direction principale ascendante)

(direction principale descendante).

Le thème VIII, à raison de son allure descendante y n'a plus la vigueur et la force expressive qui caracté-

risent Tautre thème, où rorientation principale est as cendante.

Thème IX. — Nous trouvons dans le chant d'épreuve un dernier motif:

(p. ii^O

Cette forme flottante, indécise, au rythme à peine sensible avec ses notes toutes égales, évoque à notre esprit une brise parfumée qui se balance lentement ; c'est la rêverie vague et indolente du poète.

Ce motif a reçu quelquefois le nom de motif des charmes du chant.

Lorsque Sachs, au second acte, songera, mélancoliquement, aux douces mélodies qu'il a entendues à la Singschule, les thèmes VII, VIII, IX seront employés; Je thème VII se modifiera tant soit peu, par le rapprochement des notes et la suppression de quelques accents :

vir

(p. 175) Sachs seul

Walther se sert également du thème VIII, en dehors du Chant de présentation; il l'intercale dans la dernière strophe du Chant d'épreuve, parmi le brouhaha du final, où cette forme fait un saisissant contraste.

On la retrouve aussi, au 3® acte, lorsque le poète, appelé par Sachs, va chanter le Preislied si étrangement défiguré par son rival.

theme;s d'eva

Les thèmes relatifs à Eva sont an nombre de trois, mais deux de ces thèmes, les deux derniers (XI et XII) dans notre analyse, sont des formes dérivées d'autres motifs ; le premier même pourrait se rattacher, par ses éléments caractéristiques, à certains des thèmes précédents.

Ce que nous remarquons dans la structure de ces thèmes, ce sont des courbes gracieuses, multiples, des lignes arrondies, sans angles, onduleuses ; les directions y sont plutôt esquissées qu'indiquées franchement, les accents et les intervalles peu marqués, atténués rythmiquement ou par les notes d'élan — ces divers caractères expriment la grâce féminine dans l'attitude, dans la démarche, le geste doux, câlin et caressant. Dans les formes dérivées, les motifs se métamorphosent ainsi, lorsqu'ils s'appliquent aux sentiments éprouvés par la jeune fille et quand ils ne sont pas exaltés par la passion (i).

Thème X. — Motif de la Grâce d'Eva.

Ce motif présente une courbe descendant lentement en une progression régulière (élément : quarte descendante et seconde ascendante, préfixe longue), revenant au point initial par une montée chromatique {a):

I>rêriie luogoe Progp. desceadaate

(p. 176) Sachs et Eva, 2" acte

(i) Cette (( morbidezza » se retrouve dans les motifs de Walther, principalement dans ceux qu'Eisa a inspirés (Thème IV). Elle est effectivement la forme du langage de l'amour non troublé, non passionnel. Tout au contraire les mouvements impétueux de la passion, tous les sentiments violents d'ailleurs, s'affirment par des lignes anguleuses, des rythmes brusques, qui vont jusqu'à l'exagération, jusqu'au paroxysme.

Formes abrégées, variantes :

— Rythme plus serré, valeur de la longue initiale supprimée :

M nïïrf) I JTj ^TTjj fj

(p. 182) Idem

— Avec un développement tiré des éléments caractéristiques, répétés ou agrandis :

ffliifffrifrfrr'rri

prog. desceadaaU

mmeX^ «doublé ^Jt

(p. 312) Sachs et Walther, 3' acte

Remarquons le retour de la courbe mélodique sur le si bémol initial, après la longue descente et la remontée.

Voici, sans explications, puisque nous les retrouverons plus loin^ les deux autres motifs :

Thème XI. — Le thème de la question (TEva:

XI ou XV=

a développemeav

(g>i>'fl'iiJJ'rliii'^'r ^

b d«veIoppemeat d'exteasiuu uiuiadre^

(p. 176) Eva et Sachs, 2' acte

dérivée d'un thème de portée plus générale, mais qui doit se rapprocher plutôt du personnage de Sachs (thème XV)^

et dont le développement présente divers arrangements; nous en donnons deux exemples (a et b), où le cursus est ramené vers le point initial, en fermant le circuit mélodique.

Thème XII. — Le troisième motif, d une allure douce et câline, est emprunté au thème du soir :

y i M^Tr I I [U 1^ ^

(p. 353) Eva et Sachs, 3* acte

Il se développe, presque uniquement, par la répétition de l'initium.

Rappelons ici le thème d'amour de Wahher, dans sa forme plus ample (Th. V^, qui correspond également à Eva — amour échangé, partagé.

THEMES DE SACHS

Trois thèmes principaux auxquels il faut joindre divers motifs accessoires, ou certaines figures rythmiques. Le thème de la bonté de Sachs :

îli.deWaIkep

d^vtiop* etc

xiii. ,^AJ ii '3 i i^^ '.>#f;j i rj; ^pi^

(p. 304) Sachs et Walther, 3' acte.

est une phrase d'un champ étendu, une sorte de progression ir régulière descendante, dont l'élément ^ a une grandeur variable ([3 quarte, /3' sixte, /&" quinte diminuée): c'est le geste qui se fait plus large, plus enveloppant

pour l'accueil, les mains ouvertes, les bras ouverts qui s'offrent et entourent.

Les intervalles de cette progression à élément variable sont atténués rythmiquement, ou par la note d'élan au début du motif; dans la phrase développée, le cursus revient, après et plus ou moins de détours, plus ou moins exactement, vers le point initial.

Formes dérivées (i) :

— Forme présentant des modifications de diverses natures :

Alt^ratioQ dti iotervallafl, forme diinioo/«,\ot«rrua)pa«

C'est ainsi que le motif apparaît pour la première fois, lorsqu'à la Séance de la Guilde, Sachs intervient en faveur du chevalier.

— Disposition amenant un des thèmes de Walther, les deux motifs soudés l'un à l'autre (forme abrégée, réduite à J'initium) :

I Th.xm I Th.lV^ j

I Th.xm I

(p. 316) Sachs et Walther, 3® acte

— Même disposition avec le thème de Niirenberg (thème XXV) et une légère ahération rythmique :

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