‹ Essais des matériaux hydrauliquesChapitre 17 sur 66 · COMPOSITION DU MORTIER D'ÉPREUVE · texte numérisé non relu

COMPOSITION DU MORTIER D'ÉPREUVE

Pour les essais que nous allons maintenant étudier, on opère, non plus sur la poudre à l'élal où elle est livrée dans le commerce, mais sur des pâtes obtenues en gâchant cette poudre avec Teau seule ou mélangée d'une quantité déterminée de sable et abandonnée à un durcissement plus ou moins prolongé. Pour tous les essais semblables, le résultat dépend non-seulement de la qualité des ciments mais aussi, dans une large mesure, des conditions de confection de la pâte. Il est donc important de définir avec une très grande précision les différentes conditions auxquelles doit satisfaire cette pâte ; les plus importantes à considérer sont ;

1° Proportion d'eau ;

2° Proportionnel nature du sable;

3« Nature de l'eau ;

4° Température ;

5° Mélange et malaxage.

76 COMPOSITION DU MORTIER d'ÉPREUVE

Proportion d'eau. — Quand on ajoute à une poudre riche et fine des quantités croissantes d'eau, la pâte obtenue passe par les apparences suivantes : elle a d'abord Taspect d'une masse sableuse humide qui ne s'agglomère que difficilement par la pression et se désagrège par un léger frottement ou par un choc. Pour une proportion plus forte, la pâte commence à dev^enir liante, elle peut subir de grandes déformations sous la pression des mains ou tout autre efTort sans présenter de fissure. Il faut encore un certain effort pour produire celte déformation, et la pâte ne colle pas aux mains ni aux outils avec lesquels on la travaille. Pour une proportion plus forte d'eau, on a une boue qui colle aux mains et aux outils, qui ne peut plus être façonnée. La pâte normale plastique est celle qui peut à la fois subir de grandes déformations sans se fendre et posséder une résistance notable à la déformation ; cette définition est aussi celle de la pâte argileuse plastique. C'est une pâte semblable qui sert dans les essais de ciment, au moins quand ils sont faits sur des pâtes pures, sans mélange avec du sable. On peut se proposer de définir d'une façon un peu plus précise les conditions caractéristiques de cette pâte normale. Un procédé assez fréquemment employé consiste à ob-

PROPORTION d'eau

server comment la pâle travaillée avec la truelle s'en détache sous un choc ; elle doit laisser le métal lisse et en tombant par terre se déformer sans se fendre. On peut encore en façonner une boulette dans les mains et la laisser tomber d'une certaine hauteur, 3o centimètres par exemple, sur une surface dure sur laquelle elle doit s'aplatir sans se fendre. Ces deux procédés, sensiblement équivalents, permettent, dans l'immense majorité des cas, de définir d'une façon très précise la proportion d'eau nécessaire pour obtenir une pâte normale.

Des opérateurs différents employant ces méthodes très simples arrivent à se mettre d'accord à moins de lo ^/^ sur la quantité d'eau nécessaire pour obtenir cette pâte ; par exemple, dans le cas des ciments, l'incertitude pourra être de 25 à 27 7o d'eau dans le cas d'une chaux de 5o à 55. Lorsque Ton veut une définition plus précise encore, on emploie la sonde de consistance de Tetmajer : c'est une tige cylindrique de 1 centimètre de diamètre chargée d'un poids de 3oo gr. ; on détermine la profondeur à laquelle elle doit s'enfoncer sous son seul poids dans la pâte et cette condition est définie de façon à donner, en moyenne, des résultats semblables à ceux des deux méthodes précédentes. La sonde

78 COMPOSITION DU MORTIER d'ePREUVE

de Tetmajer n'est employée que dans les laboratoires luxueusement installés.

Yoici la définilion de la pâte pure plastique telle qu'elle a élé donnée par la Commission française des Méthodes d'essai :

Pour confectionner la 'paie normale de ci- 7nent, on opérera sur i kilogram77ie de ciment que Von étalera sur une table de marbre en formant une couronne au centre de laquelle on versera d^un seul coup le volume d'eau nêcessaire pour satisfaire aux conditions ci- après \ le mélange sera gâché fortement a la truelle pendant 5 minutes comptées à partir du moment Oit Veau aura été versée.

Avec la pâte obtenue^ on reinplira immédiate77ient U7ie botte métallique à fond plat de fo7^me tronconique ayant o'",o8 de dia7nètre à la base i7%férieure et o™,o4 de profondeur ; on lissera la surface e7i faisant glisser la truelle sur le bord supérieicr du moule et en évita7it tout tasse77tent et toute trépidatio7i.

Au centre de la masse ainsi foi^mèe^ on fera descendre no7^male7nent à la surface de la pâte avec pré cautio7i et sans lui laisser acquérir de vitesse une sonde cyllndriq^ie de o"%oio de dia-mètre et du poids de 3oo gram7nes en 7nétal

Page 1