CHAPITRE IX
ESSAI DE RAPIDITÉ DE PRISE
L'essai de rapidité de prise est un véritable essai de résistance mécanique qui, logiquement, ne devrait pas ea être séparé. La distinction actuelle est le résultat d'une tradition irraisonnée entretenue par ce fait que les faibles résistances à mesurer dans le premier temps du durcissement ne permet pas l'emploi de procédés identiques à ceux qui conviennent pour des briquettes plus résistantes. On ne pourrait songer à mettre en place, dans les griffes d'appareils Michaëlis, des briquettes en huit n'ayant que quelques heures de durcissement, elles se briseraient dans la main pendant la manipulation et même si on arrivait à les mettre en place les chiffres de résistance à mesurer seraient trop faibles pour la sensibilité de Tappareil. Mais il est très facile de faire un essai de résistance à l'écrasement et ce serait là une véritable solution logique.
ESSAI DE RAPIDITE DE PRISE
Il semble, en effet, assez naturel, en vue de ces différentes applications, d'exiger un essai donnant après un temps déterminé et approprié à la nature des travaux, la résistance mécanique maxima ou minima que doit présenter un mortier déterminé.
Mais, en réalité, on procède d'une façon toute différente pour apprécier le durcissement ini-* liai, ce que Ton appelle la rapidité de prise. On a d'abord employé comme appareil de me" sure le pouce de la main : on notait au bout de combien de temps il n'était plus possible par une forte pression du pouce de réaliser un enfoncement appréciable de la surface. L'effort exercé ainsi avec le pouce est compris entre lo et i5 kilogrammes. Vicat pour préciser ce procédé un peu sommaire a proposé de remplacer le pouce par une aiguille en fer de section déterminée chargée d'un poids donné, l'aiguille, dite aiguille de Vicat, est une aiguille ronde de 1 millimètre carré de section chargée d'un poids de 3oo grammes ; lorsqu'elle cesse de donner à la surface d^une pâte, une empreinte appréciable, le pouce pressé fortement cesse également de donner un enfoncement appréciable.
On distingue le début de la prise^ correspondant au moment où l'aiguille cesse de traverser
ESSAI DE RAPIDITÉ DE PRISE
la totalité de la pâte pure sur une épaisseur de 4 centimètres et la fin de la prise, correspondant au moment où l'aiguille cesse de marquer sur la surface libre supérieure.
La rapidité de la prise est influencée d'une façon beaucoup plus marquée encore que la résistance mécanique à 7 et à 28 jours, par toutes les circonstances extérieures dans lesquelles se fait l'expérience ; aussi est-il très difficile d'arriver à des résultats concordants et quelque étrange que cela puis se sembler à première vue, on arrive, avec le simple emploi du pouce^ à des résultats aussi concordants qu'avec l'aiguille Vicat parce que l'erreur expérimentale de mesure est de fait négligeable vis-à-vis des variations irrégulières de la rapidité de prise amenée par les conditions du durcissement.
Les principales circonstances inQuant sur la rapidité de prise sont les suivantes :
1^ La proportion d'eau de gâchage;
2° La proportion de sable ;
3^ La température ;
4® La nature des sels dissous dans l'eau ;
5° Le degré d'éventement du ciment.
Toutes circonstances qui sont complètement indépendantes des propriétés particulières du liant considéré et qui doivent, par suite, être
INFLUENCES DE l'eAU ET DE LA TEMPERATURE 117
maintenues uniformes pour rendre les essais comparables.
Influence de la proportion d'eau. — La
rapidité de prise décroît à mesure [que la quantité d'eau augmente ; cette variation est très différente d'un ciment à l'autre comme le montrent les expériences suivantes ^faites sur un ciment Fortland par M. Candlot :
Eau de gâchage, 25 o/^, 27 o/q, 29 <Vo, 3i o/q, 33 o/^, 35 0/0. Durée de prise, 7', 18', 25' 02' 35' 4^'-
Influence de la température. — Cette influence est plus considérable encore : la rapidité de prise augmente rapidement avec la température comme le montrent les résultats suivants :
Premier ciment
Température . . 6», iS», 20°, 25°, 3oo Durée de prise. . i^, 25™, 10^, 4"^» ^
Les mortiers gâchés avec une proportion d'eau plus forte pour un même poids de ciment que la pâte pure ont toujours une prise plus lente; le rapport des rapidités de prise est très variable d'un ciment à un autre. Voici quelques
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résultats d'expériences faites sur ce sujet par M. Candlot :
Durée de prise
Pâte pure
Mortier 1/3
Rapport
10 heures
45 minutes
Degré d'éventement. — En général, la rapidité de la prise diminue au fur et à mesure que le ciment abandonné à l'air a absorbé plus d'humidité, c'est-à-dire s'est éventé. Voici par exemple les résultats obtenus avec du ciment Portland abandonné à l'air pendant des temps variables :
Age en sac . . o jour, 20 j., 60 j., 90 j., 120 j. Eau douce . . lo"^, 26»\ 3^ 25, 12^^, i3h.
Cette action de Féventement se fait très inégalement sentir sur les différentes espèces de ciments et, en particulier, sur les ciments additionnés de certaines matières étrangères comme le plâtre; ce corps, qui diminue d'abord considérablement la rapidité de prise des ciments Port-