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CHAPITRE III

DESTRUCTION DES MORTIERS

Les causes de destruction des mortiers sont au moins aussi importantes à étudier que celles de leur durcissement. Si parfois les mortiers pèchent par insuffisance de durcissement, plus souvent aussi ils sont détruits par le fait d'altérations survenues postérieurement à un bon durcissement initial, et presque toujours ces altérations sont d'ordre chimique.

Les réaclions chimiques peuvent manifester leur action de façons tout à fait diflérentes : amener simplement un ramollissement, une perte de résistance de la masse du mortier suffisante pour permettre aux actions mécaniques extérieures de les briser complètement, ou Faction chimique peut elle-même amener des gonflements, des fentes et, par suite, la destruction complète du mortier, même en l'absence de tout

BAMOLLISSEMENT SIMPLE

elîort extérieur. On conçoit qu'un mode semblable de décomposition soit bien plus dangereux que le précédent dont Teffetest subordonné à la grandeur des forces mécaniques extérieures.

Une seconde raison rend ce mode de décomposition particulièrement dangereux dans le cas où la décomposition est provoquée par le contact de solutions salines comme Teau de mer ; les fentes, en effet, permettent la pénétration plus rapide du liquide à l'intérieur du mortier et hâtent son attaque. Nous allons passer successivement en revue ces différents modes de décomposition.

Ramollissement simple. — Les perles de résistance des mortiers sans production de fentes peuvent tenir à deux causes essentiellement différentes : exposés à la chaleur et à Tair sec, certains hydrates des ciments s'effleurissent à la façon du sulfate ou du carbonate de soude ; on sait que, dans ces conditions, ces sels cristallisés et durs, quand ils sont hydratés, tombent en poussière et perdent leur cohésion. Un effet semblable peut se produire pour quelques composés des ciments, mais d'une façon peu importante. Mais la cause la plus grave du ramollissement des mortiers se produit dans Teau et résulte de

DESTRUCTION DES MORTIERS

Tenlèvement de la chaux. On pourrait penser que la chaux étant soluble dans Teau se dissout facilement dans les eaux courantes ; si on élait en présence d'eau distillée exempte d'acide carbonique, c'est bien ce qui se passerait et les liants hydrauliques seraient progressivement transfornîés en une masse gélatineuse et sans consistance de silice et d'alumine, mais les eaux naturelles, même les eaux de pluie, renferment de l'acide carbonique, et les eaux de rivière et les eaux de mer renferment en plus du bicarbonate de chaux. La carbonatation de la chaux des ciments s'oppose à sa dissolution et, en plus, la précipitation du carbonate provenant des bicarbonates tend à augmenter la compacitéde telle sorte que l'action des eaux courantes n'est pas une cause de désagrégation des mortiers. H n'en est pas de même au contact de certaines solutions salines et en particulier de l'eau de mer. L'action de l'eau de mer exerce, suivant le cas, les deux modes de décomposition signalés plus haut, le simple ramollissement du mortier ou son gonflement avec fissuration. Le chlorure de magnésium et la plupart des chlorures métalliques provoquent le ramollissement des mortiers ; au contrai le, le sulfate de magnésie et les sulfates analogues provoquent, en outre, le gonflement.

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