‹ Essais des matériaux: notions fondamentales relatives aux déformations élastiques et permanentesChapitre 20 sur 90 · CHAPITRE n · texte numérisé non relu

CHAPITRE n

parcours supplémentaire BpiB. C'est encore conforme au principe de Coulomb (n* 6).

Nous pouvons recommencer la même opération en des points C, D, et tracer une série de courbes de retour approximativement rectilignes Cyi, Doi L'expérience montre qu'elles

n'ont pas la même inclinaison, elles se redressent de plus en plus à mesure que le point se déplace vers la droite : la variation d'inclinaison faible de A à C, devient rapide dans la partie CDE de la courbe de traction. Nous aurons l'occasion de revenir sur ces faits quand nous définirons les modules d'élasticité et nous trouverons dans le ressort à boudin un bon exemple de variation de ces modules.

RÉACTivrrÉ. — J'ai dit que les courbes BpiB, CyiC, ne sont

pas absolument rectilignes parce qu'il y a réactivité. On peut prouver directement l'existence de cette propriété, tout aussi commodément qu'avec le caoutchouc.

Parvenus au point B, maintenons la charge constante ; il y a allongement suivant l'horizontale Bb avec une vitesse d'abord grande, puis rapidement décroissante. De même la courbe de retour n'est pas la droite Bp, mais la courbe Bm (dont j'exagère beaucoup la courbure).

Revenu au point m, le point figuratif se déplace à charge nulle sur Taxe des abscisses ; la longueur diminue spontanément.

J'engage le lecteur à reproduire soigneusement ces expériences ; elles ne présentent pas de difficultés et elles ont l'inappréciable avantage de fixer ses idées sur l'allure et l'importance de phénomènes que les ingénieurs relèguent avec une déplorable facilité dans la catégorie des jeux de la nature.

Les cycles obtenus avec le ressort à boudin sont naturellement à accommodation.

23. — Courbe de traction d'un fil de plomb, ou d'alliage de plomb et d'étain. — Je vais maintenant donner un exemple de phénomènes de déformations permanentes à frottements liquides, dont par conséquent les cycles ne sont plus à accommodation.

Les formes des courbes cycliques sont complètement modifiées. J'emprunterai mon exemple à la traction d'un fil de plomb ou mieux d'un fil d'alliage eutectique plomb-étain qui est caractéristique à cet égard.

La courbe de traction {ftg. i7)^0AB ne présente en apparence

rien de particulier ; nous verrons qu'elle ressemble aux courbes de première traction des métaux usuels, tels que le cuivre, Targent, la platine. Mais parvenus en ce point B, déchargeons

progressivement :

OiMTttê employons pour

ce but Tappareil à chaîne décrit au n* i6. La courbe de décharge est BCD. Le frottement n'est donc plus solide et à écrouissage solide ; il est liquide.

La vitesse de dé-

AUongtmriiU

formation permanente est fonction de la charge actuelle, et plus ou moins indépendante des charges antérieures. Schématiquement l'augmentation de longueur n'est plus qu'une fonction de Ta charge par unité de section et du temps pendant lequel cette charge est appliquée ; tant s'en faut d'ailleurs que les phénomènes se réduisent à cette simplicité.

Naturellement les cycles sont sans accommodation ; si Ton recommence le parcours entre la charge nulle et la charge maxima Pi, on retrouve une seconde arche qui sera tout entière à la droite de la première; et ainsi de suite jusqu'à ce que le iil casse.

Bieii entendu, tous les phénomènes de déformation sont plus ou moins superposés dans tous les corps.

Nous attendons le physicien géomètre qui nous dira comment on doit imaginer le modèle infiniment complexe expliquant l'existence simultanée de tous les groupes de déformations. Je déblaie sa voie en classant ces groupes, serait-ce sous une forme un peu trop simplifiée.

Je reviendrai plus loin sur les déformations des corps à frottement liquide (n° 78).

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