CHAPITRE IV
ils des déformations autres que celles auxquelles ils sont affectés? Le module de traction d'un cylindre dépend-il de la torsion actuelle de ce cylindre ?
Expérimentalement, nous n'en savons rien ; il n'existe pour le moment aucune expérience en laquelle on puisse avoir confiance et qui ait trait à cette question. J'entends par là, aucune expérience scientifiquement conçue et exécutée, et qui ne soit pas a priori destinée à vérifier une théorie particulière.
Je m'empresse d'ajouter que si les propositions qu'on vient de lire sont incontestables, il est heureusement vrai que, dans la pratique industrielle, vu l'approximation grossière dont on se contente, on peut envisager les modules comme constants et indépendants des autres déformations existant simultanément. Ce traité est précisément fait pour délimiter exactement le rôle du savant et de l'ingénieur : il faut que celui-ci n'ignore pas les problèmes qui se posent à celui-là, alors même que leur solution ne l'intéresse pas directement.
66. — Hystérésis des modules. — Si nous représentons le module en fonction de la déformation élastique ou de Tefifort, nous obtiendrons une courbe dont a priori nous ne pouvons prévoir la forme. Nous avons supposé jusqu'ici qu'au moins le module était une fonction bien déterminée de la déformation ou de l'effort, c'est -à-dire qu'il ne présentait pas d'hystérésis. Or, rien n'est moins sûr, car nous sommes bien forcés de considérer la notion d'élasticité parfaite et de frottement solide comme un schéma beaucoup trop simple. Pour le seul corps dont le module de traction ait été complètement étudié, le caoutchouc, on trouve une hystérésis énorme. Ainsi non seulement la loi d'Hooke ne se vérifie pas, mais encore les courbes représentatives du module ne se superposent pas pour les charges croissantes et les charges décroissantes. On voit à quelle complexité aboutit l'étude minutieuse de ces questions.
De plus, il semble que, suivant la période des cycles qui permettent la mesure du module, l'hystérésis varie, en conformité avec ce que j'ai dit de la superposition de groupes de phénomènes différents, même après la particularisation obtenue par les cycles petits et répétés un grand nombre de fois.
CFIAPITRE V
Courbes de (raclion aYee dérormalions permanentes
67. — Forme de la courbe pour les corps à frottement solide. — Je vais maintenant revenir sur les particularités que présente la courbe de traction d'un métal dont les déformations permanentes correspondent en gros à la définition du frottement solide (n® 6). Je prendrai comme exemple le cuivre rouge du commerce. La technique sera celle qui est exposée en premier lieu au n* 16. La courbe de traction d charge croissante
proporiiontiellemen i p| ^^*^ — ^^ ^" temps est repré-
sentée schéma tiquementf^^.41): après une partie approximativement rectiligne OA, pour laquelle on a fortement exagéré Tangle POA (à l'échelle elle devait se confondre avec la verticale) et qui correspond à la déformation à peu près parfaitement élastique, la courbe s'infléchit et tend
FiG. 41
vers l'horizontale ; elle s'arrête brusquement en un point B' pour lequel le fil casse.
Si on impose, non la loi de variation de la charge, mais celle de l'allongement, la forme est toute différente (fig* 42). La torsion croît d'abord suivant une courbe OAB analogue à la précédente, passe par un maximum et décroît ensuite ; la rupture