‹ Essais des matériaux: notions fondamentales relatives aux déformations élastiques et permanentesChapitre 67 sur 90 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

pérature et refroidissons-le. Recommençons à décrire des cycles entre Po et Pi. Le fil est recuit seulement en partie, si le temps t est assez court. Nous allons obtenir un nouveau cycle limite. Recommençons cette opération un certain nombre de fois ; les cycles limites diffèrent entre eux de moins en moins et tendent vers un cycle que nous pouvons appeler limite des limites. En effet le fil a pris peu à peu le recuit définitif qui convient à la température T et à la loi de refroidissement.

On peut présenter ces considérations sous une forme un peu différente.

Supposons que nous mettions successivement en jeu deux variables, la charge P et la température T. Nous parcourons une série de cycles dans le plan figuratif (P, L); nous admettons qu'il y a accommodation ; peu à peu la courbe qui représente la longueur en fonction de la charge se ferme; le cycle se fixe, il tend vers sa limite.

Nous décrivons alors un parcours dans le plan lofigueur^température ; ce parcours n'est pas fixé. Si nous revenons aux premiers parcours, nous obtiendrons un nouveau cycle limite. Recommençons cette même série d'opérations un grand nombre de fois; peu à peu le système complet des parcours devient périodique ; si Ton veut, la courbe gauche décrite dans Tespace charge-températiire-longueur tend à se fermer.

Sous cette dernière forme on retrouve à peine modifié Ténoncé général de la proposition qui nous a servi à définir l'accommodation au n^ 20. L'existence du cycle limite des limites provient de son application

à deux variables distinctes qu'on fait varier successivement et périodiquement.

77. — Courbes de traction de certains fers. — Certains fers donnent des courbes d'une forme particulière {fig, 46) dont je dirai quelques mots pour

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en tirer un enseignement général. La courbe à charge croissant proportionnellement au temps est au début, suivant ABC, tout à fait analogue à la courbe de traction des métaux tels que le cuivre, l'argent, le platine. Mais à partir du point C, elle cesse de s'infléchir, remonte suivant CD; elle reprend alors suivant DE une courbure de sens habituel. Elle possède donc deux points d'inflexion en C et en D; par conséquent un minimum d'inclinaison dP : dlL en C et un maximum d'inclinaison en D. Je n'ai pas à chercher ici à quelles conditions le fer donne ces courbes et quelles sont les causes d'un phénomène aussi singulier.

Voici maintenant le point sur lequel je désire attirer l'attention. Des ingénieurs, se servant de machines industrielles, ont trouvé ce qu'ils appellent des courbes d palier, A'B'C'D'E'. Il n'y aurait plus deux points d'inflexion, mais deux points anguleux. La partie CD serait remplacée par une horizontale, un palier CD'. Ces apparences tiennent uniquement aux imperfections des machines d'essais industrielles. Quand on opère sur des cylindres de petit diamètre et suffisamment longs, et qu'on impose les charges bien régulièrement, par exemple proportionnellement au temps, les points anguleux n'existent sûrement pas. Les deux courbures, entre B, C d'une part et D, E de l'autre, peuvent être de court rayon, mais ce rayon est toujours loin d'être infiniment petit. En ayant confiance dans les graphiques industriels, on commet l'erreur déjà signalée à propos de la soidisante limite d'élasticité (n® 30). Inutile de faire observer que si les points anguleux n'existent pas pour des fils homogènes de petit diamètre, ils n'existent pas a fortiori pour des pièces plus volumineuses qui ont bien des chances d'être moins homogènes.

78. — Courbes de traction pour les corps visqueux. — Au n° 23 j'ai dit quelques mots de la courbe de traction des corps h frottement visqueux : elle est représentée (fig, 17). J'indiquerai ici celles des conséquences générales de cette nature des frottements qui distinguent entièrement les deux groupes fondamentaux en lesquels se partagent les corps.

Tout d'abord les courbes de traction des corps visqueux sont sous la dépendance prépondérante de la vitesse de charge. Si la charge est rapide, on peut arriver à des tensions relativement considérables avant qu'il se soit produit une déformation appréciable. Il est curieux de constater par exemple qu'un fil d'alliage eutectique de plomb et d'étain, qui s'allonge de plusieurs fois

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