‹ Essais des matériaux: notions fondamentales relatives aux déformations élastiques et permanentesChapitre 69 sur 90 · CHAPITRE V 1 1 -y · texte numérisé non relu

CHAPITRE V 1 1 -y

de blindage ; plus exactement tout le monde choisira sans hésiter le métal qui d'après ces tables possède une résistance vive insignifiante. Les plaques de blindage employées sont dans ce cas. Quant au principe de la conservation de l'énergie qu'on invoque, il trouvera bien moyen de se satisfaire autrement. La chaleur est toujours là comme deus ex machina.

D'ailleurs comment se fait-il que le pouvoir pénétrant d'un obus croisse quand il possède un chapeau de métal doux? N'estce pas en contradiction absolue avec la notion de résistance vive ?

Voici encore une remarque qui montre avec quelle légèreté et quelle routine on raisonne en ces matières.

Il est évident, d'après le principe de Coulomb qu'à mesure qu'un métal à frottement solide a été de plus en plus déformé d'une manière permanente, sa résistance vive diminue, puisqu'on supprime de l'aire totale disponible l'aire qui correspond à la déformation permanente déjà effectuée. Que penser alors de l'affirmation qu'on trouve à peu près partout: -se Pour les chaînes d'attelage, pour les câbles de fer de la marine, les fers doux et extensibles sont préférables aux fers durs, par ce que. s allongeant plus facilement^ ils se rompent moins facilement et offrent ainsi plus sécurité ». Ce n'est pas le fait que je nie, mais l'explication du fait. Voilà des barres d'attelage qui doivent résister à des chocs, ' non pas un? fois^ mais indéfiniment. Il est clair qu'on ne doit jamais aller jusqu'aux allongements permanents ; car s'ils résistaient une première fois, leur résistance vive diminuant, ils ne résisteraient pas la seconde et a fortiori la troisième. On emploie des métaux doux parce qu'ils sont moins fragiles, la fragilité étant une propriété sui generis qui n'a rien à. voir avec la forme de la courbe de traction. Les chocs devant être tels qu*il n'y ait pas d'allongement permanent, il importe peu qu'ils s'allongent ou ne s'allongent pas avec facilité.

Enfin si la notion de résistance vive a une valeur nulle dans le cas des métaux à frottement solide, elle est inexistante dans le cas des métaux à frottement liquide. C'est la vitesse de déformation qui intervient au premier chef sur la forme de la courbe de déformation et par conséquent sur l'aire limitée par cette courbe. Il y a donc, même comme première et grossière approximation, autant de résistances vives que de manières de décrire la courbe, c'est-à-dire une infinité.

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