CHAPITRE VI
AmpLhidCT A
Mais quand Tamplitude n'est pas très petite, la courbe se relève ; elle a généralement la forme ABCD et aboutit en A normalement à Taxe des décréments.
Il est difficile d'obtenir des valeurs absolues des décréments relatifs à Tamortisseliient uniquement dû aux frottements intérieurs, parce que Tair intervient d'une manière complexe pour augmenter l'amortissement total.
Mais les valeurs absolues de intéressent bien moins que leurs variations en fonction des déformations que Ton impose au fil. Or, quelles que soient les hypothèses qu'on admette pour la résistance de Tair, toujours est il qu'elle reste constante, d'une expérience à l'autre, pour une même période et pour une même étendue de l'oscillation : elle ne changera donc pas la forme de la courbe = f (A).
Nous voici donc en possession d'un nouveau réactif très sensible avec lequel nous mettrons en évidence de très légères modifications dans la structure du fil.
Je n'insiste que sur une seule question, la <( fatigue d'élasticité », parce qu'on en fait grand bruit sans se douter le plus souvent de la définition du phénomène.
88. — Fati£:ue d'Elasticité et de Cohésion. Modification de la courbe = f (A) par les déformations permanentes. — On détermine la courbe des décréments en imposant successivement à un même fil des torsions initiales d'amplitudes différentes. Par exemple le disque étant d'abord en repos, dans une première expérience, on tord l'extrémité supérieure du fil d'un angle ©1 que nous appellerons le lancement ; on laisse revenir au repos, tout en déterminant les étendues successives des parcours, ce qui permet de calculer la courbe des décréments. Au bout d*un certain temps de repos, on recommence avec un nouvel angle de lancement *&2, et ainsi de suite.
Opérons d'abord sur un fil fortement étiré à la filière. Faisons
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une série de déterminations avec deux lancements ©i et ©§, les expériences impaires avec le lancement Çi, les paires avec le lancement ^2. Nous obtenons deux faisceaux de courbes S| et 82, qui tendent chacun vers une courbe limite : il y a comme une sorte d'accommodation. Il semble que dans les parties qui correspondent aux mêmes amplitudes, les deux courbes limites doivent se confondre. Tout au contraire l'expérience montre que le décrément dépend des parcours antérieurs, de sorte que la courbe qui correspond au plus grand parcours initial, est pour les mêmes amplitudes A au-dessus de celle qui correspond au plus petit parcours initial.
Autre expérience. Imposons d'abord à un fil étiré le lancement ©i relativement petit, déterminons la courbe 1 des décréments. Puis imposons le lancement ©2 beaucoup plus grand. Recommençons ensuite plusieurs fois avec le lancement Çi, en espaçant les expériences; nous obtenons des courbes 2, 3, .. D'après ce que nous avons dit plus haut il n'est pas surprenant que 2 soit au-dessus de I ; mais le fait nouveau est que 3 est audessous de 2, 4 au-dessous de 3, etc. Il semble que peu à peu le fil oublie Teffet du parcours étendu ©2 : l'accroissement des décréments est en grande partie subpermanent.
On a donné à ces phénomènes, qui sont intéressants, parce qu'ils prouvent une fois de plus les variations spontanées des propriétés des solides et l'influence de toutes les opérations antérieurement imposées, le nom àt fatigue d'élasticité. Nous ne saurions trop prémunir le lecteur contre ces appellations dont un peu de réflexion montre le ridicule, au moins l'inutilité. En quoi une absorption plus grande d'énergie est-elle une fatigue? quel rapport entre le mot élasticité et les forces qui absorbent de l'énergie ? Ces dénominations, qui font image et représentent, si Von veut, le résultat d'une expérience, sont une gène quand la science se développe. Le mot hystérésis est fort heureusement un mot grec : son sens est par conséquent peu compris ; quel rapport existe- t-il entre le retard qu'il signifie par étymologie et la non superposition des courbes d'aller et de retour dans un cycle d'opérations ? Le danger de ces termes est d'amener de très fausses analogies et surtout de faire croire que l'on comprend ce qu'on n'entend point.
En particulier, si les expériences précédentes sur des fils fortement étirés à la filière semblent donner quelque apparence de raison au terme « fatigue d'élasticité», les expériences sur des fils