CHAPITRE VII
Nous possédons divers essais de théories des déformations permanentes, contradictoires entre elles et dont la plus probable, celle de Coulomb, est dans un état lamentable d'imperfection. Je signale en passant les travaux de Tresca qu'on a coutume de trouver admirables et dont les résultats sont insignifiants. Ils disent ce qu'on savait depuis qu'on fait des tuyaux de plomb et qu'on étire des fils, à savoir : que sous Tinfluence de forces extérieures énormes les pressions finissent par se transmettre indépendamment de la forme et de la nature du corps, et de plus en plus exactement comme dans un liquide ; tous les métaux se comportent alors plus ou moins comme les métaux visqueux. C'est en ce peu que consistent de longs mémoires qui sont censés, d'après leur auteur, révolutionner la question.'
Enfin il existe des théories partielles de la réactivité (Boltzmann) et des métaux visqueux (Brillouin), très intéressantes, mais qui ne sont rien moins que définitives.
La vraie raison du peu d'avancement de cette partie de la science réside en ceci : les physiciens et les ingénieurs se font une idée très fausse de l'étendue et de la position du problème des déformations. Il est généralement envisagé dans les traités classiques comme il y a cinquante ans; après une période particulièrement brillante pendant laquelle il semblait que nulle autre partie de la physique n'était aussi digne d'attirer l'attention , ce sujet de recherches a été complètement délaissé. Nous espérons que ce petit traité, en posant à nouveau le problème des déformations sous une forme très générale (alors même qu'il se limite aux déformations isothermes) aidera les physiciens à se rendre compte qu'une ample moisson de découvertes peut encore récompenser les eff'orts, et les ingénieurs à comprendre qu'ils ont mieux à faire qu'à chercher des solutions hâtives de questions aussi complexes.
H. BOUASSE.