INTRODUCTION
Deux ordres de faits, dissemblables, mais intéressant également les relations internationales, troublent et menacent le repos de l'Europe : la paix armée, d'une part; TeÉFondrement de Tempire ottoman, de Tautre. Nous avons dit notre sentiment sur la conception diplomatique du prince de Bismarck, issue de son dissentiment personnel avec la Russie, en un jour de colère; nous en avons signalé les dangers (1), et l'événement, durant ces derniers temps, n'a que trop justifié les appréciations que nous avons osé formuler. II était d'ailleurs aisé de prévoir que, en présence de la triple alliance, les armements continueraient partout avec le plus ardent entraînement. C'est ainsi que l'Allemagne poursuit, à l'heure présente, le renouvellement de son artillerie en substituant au canon ordinaire un canon à tir rapide. Cette mesure, qui garantirait à son armée une redoutable
S^ supériorité, et que l'on a soigneusement dissimulée, obligéra les autres puissances à l'imiter et à s'engager dans ri de nouvelles et plus lourdes dépenses ; c'est ce que pen- ^ sent les hommes compétents et les publicistes. De son côté^ l'Angleterre, qui, dans ces dernières années, a consacré un milliard, en crédits extraordinaires, au développement de ses forces maritimes, est à la veille d'y em-
(1) Voy. Essais diplomatiques (première série)^ page 253. — Pion, Noarrit et G\