INTRODUCTION. IX
Nous avons dû évoquer sommairement les faits qui ont marqué cette période historique, parce qu'ils imprimèrent un caractère aigu et passionné aux compétitions internationales qui divisaient déjà la diplomatie à Gonstantinople, et d'où sont sortis les conflits sanglants, relativement récents, auxquels a donné lieu la question d'Orient. L'Angleterre, en effet, n'avait pas seulement provoqué les conférences de Londres ; elle avait en outre pris et gardé la direction des opérations diplomatiques et militaires; elle avait été à peu près seule à la peine, elle entendait être la première à l'honneur et recueillir le bénéfice des sacrifices qu'elle s'était imposés. Elle parla haut et ferme à Constantinople, exigeant des témoignages d'une gratitude efiFective. Ayant joué le premier rôle pendant la guerre, elle voulut le conserver après la conclusion de la paix. Elle chargea du soin de le revendiquer un diplomate digne de sa confiance, lord Stratford de Redcliffe, qui sut imposer aux Turcs, plus troublés que reconnaissants, la prépondérance de son gouvernement, et mieux encore, son autorité personnelle. On verra, dans l'étude que nous lui avons consacrée, le rôle que cet agent impérieux et habile a joué jusqu'à la guerre de Grimée. Envoyé à Gonstantinople pour substituer l'influence de l'Angleterre à celle de la Russie dans une