AVERTISSEMENT DE L'ÉDITEUR
Madame de Tracy a voulu laisser un souyenir à nombreux amis. Ce recueil, publié pour eux, n*a pas d*autre prétention ; il est donc à Tabri de toute critique littéraire, et Une préfiice est en quelque sorte inutile. Cependant » chargé, par une disposition formelle du testa* ment de madame de Tracy, d*exécuter un travail qu'une mort prématurée Ta empêchée d'accomplir elle-même , j*ai besoin d'expliquer en peu de mots comment je me suis acquitté de la tâche sacrée qui m'était confiée.
Madame de Tracy avait su se créer des ressources inépuisables contre l'ennui , ce terrible fléau des femmes du monde. Tout le temps qu'elle ne consacrait pas à la musique ou à la peinture , elle l'employait à des études sérieuses sur la littérature et la philosophie, et prenait soin de consigner par écrit le résultat de ses lectures. C'est une habitude qu'elle avait contractée de bonne heure et qu'elle a pratiquée toute sa vie. Elle a donc laissé de nombreux manuscrits qu'elle avait intention de résumer pour en extraire un ou deux volumes destinés à ses intimes. Malheureusement la mort est venue la surprendre , et Je me suis trouvé chargé de fidre ce qu'elle aurait fidt infiniment mieux que moi. Madame