PANCRACE, GASPARD PANCRACE
Que me veux-tu ?
GASPARD
Seigneur Pancrace, N'espérez pas que je vous fasse
«6o ESSAIS DRAMATIQUES.
Plus longtemps crédit. S'il vous plaît.
Vous allez, à l'heure qu'il est, Payer comptant toute la somme.
Ah, vous m'avez cru trop bon homme !
PANCRACE
Quand l'on a rien, l'on ne vaut rien, L'ai-je pas dit? Combien?
GASPARD
Combien ?
C'est trente écus.
PANCRACE
Autant !
GASPARD
Je compte...
Cinq, dix....
PANCRACE, à part.
Une retraite prompte Pourrait me tirer d'embarras.
Mais, si je veille, il ne dort pas.
Ne pourrais-je, par quelque ruse,....
GASPARD
Vingt, trente... Oui, si je ne m'abuse, C'est trente écus....
PANCRACE, jouant rctounement.
Quoi! trente écus?
LE VIOLOK MAGIQjUE. 6l
GASPARD
Pour le travail d'un an et plus.
PANCRACE Tu me fais peur...
GASPARD
Ah ! point de grâce 1
PANCRACE
Mon bon Gaspard !
GASPARD Seigneur Pancrace, Payez, payez, ou bien malheur !
PANCRACE A l'aide! On m'arrête! Au voleur l
GASPARD Pourquoi ces cris?
PANCRACE
On m'extermine,.
Au secours ! (H s'enfuit.)
SCÈXE HUITIÈME
GASPARD, BERTILLE GASPARD
Je crois qu'il fait mine D'avoir grand'peur pour se sauver;
él ESSAIS DRAMATIQ.UF.S.
Mais je saurai le retrouver.
Il est si méchant qu'il faut craindre Qu'il n'aille faussement se plaindre ; Il est homme à produire, au moins, S'il faut, contre moi, dix témoins !
BERTILLE, à la fenêtre de sa demeure.
Avec mon père, pas de lutte!
Gaspard, je sais votre dispute.
Car j'ai tout entendu d'ici.
Tiens, prends ma bourse, la voici.
(Elle lui jette sa bourse.;
De quoi ris-tu ?
GASPARD, ramassant la bourse.
De l'aventure.
(A part.) Certes, Madame, la nature Sait mettre à tout un contre poids ; Et je ris mon soûl, quand je vois L'enfant du ladre le plus traître.
Jeter l'argent par la fenêtre.
Puis-je monter?
BERTILLE
Il est trop tard ; Je me retire. Adieu, Gaspard.
(Elle ferme la fenêtre, on entend le son du violon.)
GASPARD Adieu Bertille !
LE VIOLOK MAGiaUE.
SCÈXE SEUVIÈME