‹ Essais dramatiquesChapitre 40 sur 74 · GASPARD, LES DEUX ARCHERS · texte numérisé non relu

GASPARD, LES DEUX ARCHERS

Les archers s'approchent sans bruit, coupent le ruban auquel est attaché le violon et se retirent avec l'instrument sans que Gaspard s'en soit aperçu.

SCÈXE SIXIÈME

Il découvre le vol et se met à la poursuite des coupables.

104 ESSAIS DRAMATIQ.UES.

SCÈXE SEPTIÈME

PANCRACE, BERTILLE, sortant de leur maison.

PANCRACE

Ton cœur, ma fille, N'a point d'amour ; non, j'en suis sûr!

BERTILLE Et pourquoi non ?

PANCRACE

Il est trop pur.

BERTILLE Hélas, aimer est-il un crime?

PANCRACE

Un crime énorme. Moi, j'estime Que tout homme, petit ou grand, Quand il aime, n'est qu'un brigand; Et que toute femme amoureuse Ne roule dans sa tête creuse Que les projets les plus pervers Que puissent forger les enfers.

BERTILLE

Vous n'avez donc jamais, mon père, Connu l'amour?

LE VIOLON MAGiaUE. 10$

Bien au contraire !

J'aimais ta mère, Dieu merci, Mais j'étais à l'aise, elle aussi.

Nos amours n étaient pas frivoles.

Et je soutiens qu'elles sont folles, Les péronnelles comme vous Parlant d'amour, et qu'ils sont fous Les pères, qui, par indulgence.

Marchandent une obéissance.

Quand ils ont toute autorité Pour imposer leur volonté.

Tu résistes ? je cours au juge Et ton Gaspard...

BERTILLE

Soit ! qu'on le juge !

Certes, Gaspard, pour mon bonheur, 'Veut s'en tirer avec honneur.

Qu'il soit jugé, puisqu'on l'accuse.

Il est innocent.

PANXRACE Belle excuse !

J'ai des témoins. Par jugement.

Il sera condamné dûment.

Oui, oui, ne hochez pas la tête.

BERTILLE

Moi, j'écoute une voix secrète.

Qui, dans mon cœur, me dit tout bas

Ne le crois pas, ne le crois pas.

I06 ESSAIS DRAMATiaUES.

PAN'CRACE

Cette voix-là n'est qu'une sotte.

Certain projet ici me trotte,

(Il se touche le front du doigt.)

Allons, qu'on rentre à la maison!

Et nous, courons à la prison, Et si le drôle aussi s'obstine.

Malheur à lui!... Rentrez, mutine.

(Elle rentre.)

SCEXE HUITIEME

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