LES MÊMES, LE MÉXÉTRIER AVEUGLE
LE MÉXÉTRIER La charité !
GASPARD
Ha : Chose étrange !
Comme il vient à point. Le voilà, C'est lui, c'est lui !
PANCRACE
L'ange , cela?
LE MÉXÉTRIER La charité!
PAXCRACE, le chassant.
Va-t'en !
Le mendiant prend soudain la figure d'un Génie.)
LE GÉXIE
Pancrace !
PAXCRACE Ouais !
GASPARD à Bertille.
Vois!
BERTILLE Ah!
Il8 ESSAIS DRAMATiaUES.
LE GÉNIE à Pancrace.
Je te ferai grâce.
Pour ta Bertille, d'une part, Et de l'autre, pour son Gaspard,
BERTILLE Qu'il est beau !
LE GÉNIE à Pancrace.
Si tu t'imagines Les tromper, gare les épines!
J'aurai de là-haut l'œil sur toi, Et qui jouera? ce sera moi.
Le Génie prend à Gaspard le violon. Pancrace se bouclie les oreille&.'
Oh, ne crois pas que Ton m échappe Par ce moyen ; car, mon jeu frappe, Non l'oreille, mais bien l'esprit.
Le tien m'entend, et s'il se rit Des pauvres cœurs que tu chagrines.
Je l'ai dit : gare les épines !
Et sache que c'est grâce à moi Que tout s'est tourné contre toi.
PANCRACE Grand merci !
(Le Génie rend le violon à Gaspard.)
LE GÉNIE
Si Gaspard s'en loue, Qu'il le conser\'e et qu'il en joue.
LE VIOLON MAGiaUE. ^9
GASPARD
Il faisait danser à ravir.
PANCRACE Eh bien?
LE GÉNIE
Sache t'en mieux servir ; Lorsqu'il avait tant d'avantage Qu'en as-tu fait?
PANCRACE
Un sot usage.
GASPARD
je n'en lis rien, ne sachant pas En tirer parti.
LE GÉNIE
Fais-en cas, Car il te peut donner bien vite, Succès, renommée et mérite; Et sans magie, il eut l'honneur De te conduire à ton bonheur.
Vois ta Bertille. Une âme faite Comme la tienne atteint au laite De la suprême joie, au jour Où rien ne manque à son amour ; Et quant aux maladroits sur terre Braillant, tout en voulant trop faire..
120 LSSAIS DRAMATIQUES.
PANCRACE, à part.
Je le vois venir. C'est un mot D'un Esprit, qui n'est pas si sot.
LE GÉNIE
Ces maladroits, Seigneur Pancrace, Vous ressemblent.
PANCRACE
Je vous rends grâce !
(Le Génie s'élève dans les airs et disparait.)
SCEXE QUATORZIEME
LES MEMES, moinS LE GÉNIE
BERTILLE Il est parti !
GASPARD
' Ho, qu'il est bon !
Il m'a laissé son violon ; Je serai grand !
PANCRACE
Tu seras riche !
Mais ne va pas devenir chiche, Si vraiment ton sort doit changer.
Trop de finance est un danger.
BERTILLE à Pancrace.
Vous voulez bien qu'on nous marie?
(A Gaspard. Ça, fais moi danser, je te prie.
GASPARD Ce soir, ce soir.
PAN'CRACE
Puisqu'il le faut, Finissons-en donc au plus tôt.
BERTILLE Quel plaisir ;
PANCRACE
Qu'une fille rie Et sente, quand on la marie.
Un grand plaisir, je le veux bien ; Mais il lui taut n'en montrer rien.
BERTILLE Est-ce mal?
GASPARD
En perd-on l'estime?
On doit prendre un air de victime • Va voir les dames du bon ton.
Il faut trembler, être un mouton Que Ton entraîne au sacrifice.
On s'est orné pour le supplice ;
Mais SOUS les perles, sous les fleurs, II faut, dolente et presqu'eu pleurs, Dissimuler si bien son âme, Que les gens disent : Pauvre dame !
Quelle innocente ! à bien la voir, Certe, elle va mourir ce soir; C'est pour elle un mal sans remède.
BERTILLE Mais elles vivent?
PANCRACE
Dieu les aide !
Voilà le bon ton.
GASPARD
En tous cas.
L'on s'est montré ce qu'on n'est pas.
BERTILLE
Pour moi, s'il faut que l'on m'y voie. Loin de dissimuler ma joie, Je veux qu'on lise dans mes yeux Que j'en vivrai, ma foi, bien mieux.
Grosgiiillot reparait poursuivi par les deux archers. Pancrace prend sa fille par la main, Gaspard joue du violon, et tout h monde danse un ballet comique.
La toile tombe.
ou L'HONNEUR DANS LES BOIS
Tableau dialogué en vers.
Un prologue et trois parties.
PERSONNAGES
JEAN BUTLER (Scliinderhannes). chef de brigands.
CARLE, son lieutenant.
TONAS , ,.
DTTv-^T-T i lieutenants en second.
PERCE-OREILLE
LA HURE
LE HOUSARD '
LŒIL D'ANGUILLE ^ P^^CipaUX brigands.
LE REQUIN '