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Essais dramatiques

JjEs Essais dramatiques contenus dans ce Volume n'ont jamais été destinés à l'impression. Les trois premiers , ^^gctr^ Gene^^iève de Bra-" haut , et la Sunamite ^ ont été composés , non pas seulement pour un théâtre de société , mais pour un théâtre de famille , et cette raison explique l'analogie qui existe entx-e les situations qui y sont représentées. Elle explique aussi pourquoi ma mère n'a pas craint de choisir des sujets déjà traités par d'autres auteurs , et de profiter de leurs conceptions. Ainsi, dans son Agar, elle a emprunté jilusieurs traits à celle de madame deGenhs, et surtout à celle ^ de M. Lemercier : l'on verra, toutefois, qu'elle leur a imprimé le caractère de son propre talent. Sans doute je ne puis espérer que ces drames produisent, h la lecture, le même éifet que lorsqu'ils étaient représentés par ma mère elle-même au milieu de sa famille et de ses

ij AVERTISSEMENT

amis ; les rapprochemens involontaires que l'on faisait entre la situation des acteurs et celle des personnages , rapprochemens qui accroissaient l'ëmotion des spectateurs , paraîtront peut-être des imperfections aux yeux de la critique. Mais on ne pourra méconnaître la sensibilité religieuse qui a inspiré ces compositions dramatiques.

La petite comédie du Capitaine Kernadec^ et les deux proverbes qui la suivent , sont des plaisanteries de société auxquelles on ne doit pas attacher plus d'importance en les lisant, que ma mère ne leur en a donné en les écrivant. A Genève , une personne du caractère et de Tesprit le plus aimables, retenue chez elle par une maladie de langueur , désirait que ses amis vinssent lui jouer des proverbes. Ceux de Carmontel étaient trop rebattus; on pria ma mère d'en composer de nouveaux : elle consentit à essayer son esprit dans un genre si étranger à la direction habituelle de ses pensées ; et , au moment oii elle était le plus malheureuse par les persécutions de Bonaparte , le désir d'offrir quelque distraction à une personne souffrante lui fit retrouver de la gaîté. En quelques matinées elle écrivit les trois pe-

DE L EDITEUR. lij

tites pièces que l'on \a lire, laissant à chaque acteur la liberté d'amplifier son rôle.

Enfin , le drame de Sapho , qui termine ce volume , n'a été ni représente , ni même entièrement achevé. C'est une esquisse que ma mère se proposait de retoucher , et dont il est facile de voir que la première idée a été puisée dans Corinne ; mais comme on ne peut lire cette pièce sans être frappé de l'élévation du sîyle, et surtout du caractère antique dont il est empreint , j'ai cru qu'il m'était permis de la hvrer à l'impression.

AGAR

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