X.k. SIGNORA ÎTAKTASTICI
Comment I vos ancêtres ont tous joue' la comédie ?
M. DE KRIEGSCHENMABL.
Que voulez-yous dire , madame ? pre'teudez-yous m*offenser ?
LA SIGNORA FAKTASTICI.
JVon, assurément ; mais j*emmène vos fils avec moi. Ils me plaisent; je perfectionnerai leur éducation. Le cadet jouera les héros ; l*aîne les rôles tendres : Pun deviendra plus ferme, l'autre plus doux, et dans dix ans d'ici je vous les renverrai charmans.
M. DE KRIEGSCHENMAHL.
Ah î madame , que faut-il faire pour ne pas me séparer d'eux ?
LA SIGKORA FANTASTICI.
Écoutez. Je suis bonne personne : je n'aime à faire de la peine à qui que ce soit; mais je veux qu'on respecte en moi les droits de la poésie. Plus de prose , monsieur , plus de prose dans cette maison.
M. DE KRIEGSCHENMAHL.
Quoii madame, je ne pourrai pas commander mon dîner en prose, à madame de Kriegschenmahl?
liA SIGKORA FANTASTICI.
La poésie ne consiste pas dans les vers , mais dans l'amour des beaux- arts, dans l'enthousiasme et l'imagination qui élèvent l'ame et l'esprit. Elle proscrit tous les sentimens étroits , vulgaires , illibéraux, sous le poids desquels vous av€z passé votre vie. Ecoutezmoi : je veux donner une fête à une personne char-
1^6 LA SIGNORA FANTASTICI.
mante que la maladie retient chez elle , et qui supporte ses souffrances avec un admirable courage : voilà de la poésie, par exemple, de la vraie poésie. Voulez-vous prendre un rôle dans la pièce que nous Toulons représenter devant elle ?
M. DE KRtEGSCHEJiMAHL.
Y pensez-vous , madame ? moi !