‹ Essais dramatiquesChapitre 108 sur 195 · X.k. SIGNORA ÎTAKTASTICI · texte numérisé non relu

X.k. SIGNORA ÎTAKTASTICI

Comment I vos ancêtres ont tous joue' la comédie ?

M. DE KRIEGSCHENMABL.

Que voulez-yous dire , madame ? pre'teudez-yous m*offenser ?

LA SIGNORA FAKTASTICI.

JVon, assurément ; mais j*emmène vos fils avec moi. Ils me plaisent; je perfectionnerai leur éducation. Le cadet jouera les héros ; l*aîne les rôles tendres : Pun deviendra plus ferme, l'autre plus doux, et dans dix ans d'ici je vous les renverrai charmans.

M. DE KRIEGSCHENMAHL.

Ah î madame , que faut-il faire pour ne pas me séparer d'eux ?

LA SIGKORA FANTASTICI.

Écoutez. Je suis bonne personne : je n'aime à faire de la peine à qui que ce soit; mais je veux qu'on respecte en moi les droits de la poésie. Plus de prose , monsieur , plus de prose dans cette maison.

M. DE KRIEGSCHENMAHL.

Quoii madame, je ne pourrai pas commander mon dîner en prose, à madame de Kriegschenmahl?

liA SIGKORA FANTASTICI.

La poésie ne consiste pas dans les vers , mais dans l'amour des beaux- arts, dans l'enthousiasme et l'imagination qui élèvent l'ame et l'esprit. Elle proscrit tous les sentimens étroits , vulgaires , illibéraux, sous le poids desquels vous av€z passé votre vie. Ecoutezmoi : je veux donner une fête à une personne char-

1^6 LA SIGNORA FANTASTICI.

mante que la maladie retient chez elle , et qui supporte ses souffrances avec un admirable courage : voilà de la poésie, par exemple, de la vraie poésie. Voulez-vous prendre un rôle dans la pièce que nous Toulons représenter devant elle ?

M. DE KRtEGSCHEJiMAHL.

Y pensez-vous , madame ? moi !

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