‹ Essais dramatiquesChapitre 116 sur 195 · ACTE I, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE I

ëleve'e à la française , et fait instruire à l'allemande ? M. d'Ëryille aime tant Tespritl

SOPHIE

Oui, le sien; mais pas celui des autres j ni surtout celui de la femme qu'il épouserait.

M. DE LÀ MOBLIÈEE.

Cependant tu sais qu'en France toutes les femmes sont aimables et piquantes.

SOPHIE

Toutes, c'est beaucoup dire; mais M. d'Erville ne saurait souffrir qu'une femme attire sur elle une partie de l'attention qu'il veut conque'rir pour lui seul , et je me suis aperçue dix fois que ce que vous avez la bonté de louer dans mon entretien , ne lui serait jamais aussi agre'able que mon silence.

M. DE LA MORLIÈRE

Folie que tout cela. Ne me tourmentez plus sur ce mariage ; j'ai donne ma parole , et vous savez , ma fille, si comme Allemand, si comme Français, j'y puis manquer.

SOPHIE

Hélas! mon père , j'aperçois M. d'Erville j je vous laisse avec lui.

M. DE LA MORUÈRR»

Reste donc , encore une fois ; il est si impatient de le voir l

SOPHIE

Impatient de me yoir ! ah l yous le connaissez bien.

l88 LE MANNEQUIÎf.

M. SE LA MORLIÈRE

Parle-moi franchement ; croi»-tu qu'il te pre'fère quelque femme ici ou ailleurs ?

SOPHIE

Non du tout , car il n'aime que lui; mais cette rivalité-là en vaut bien une autre , et jamais femme n'en a triomphé.

{Elle sort.)

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