‹ Essais dramatiquesChapitre 122 sur 195 · ACTE I, SCENE III. jgy · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE III. jgy

M. DE LA MORtlÈRE.

A}i ! s'il en est ainsi, hâtons le mariage : dès demain , dès ce soir. Je ne voudrais pas, pour rien au monde , avoir un gendre rouille ; je sens par moimême à quel point c'est triste. On est tout je ne sais comment, quand on ignore comme on est à Paris; on parle au hasard , on ne sait pas seulement si l'on a raison de sentir ce qu'on sent ; enfin , on n'est sûr de rien.

LE COMTE

Comptez sur moi pour vous mettre au fait.

M. DE LA MORLIÈRE

Attendez ici, je vous prie, le peintre , qui doit ^ous apporter le portrait de ma fille. — Mais je vois "a ma montre que je suis oblige de sortir, pour aller chez mon frère ; c'est bien familier de vous laisser ainsi chez moi ; mais je veux vous quitter à la française , sans faire des excuses. N'est-ce pas ainsi que cela se passe à Paris? ( Il Jait plusieurs rét^érences. ) Ne croyez pas pourtant que j'ignore, monsieur le comte, les égards que je vous dois; mais je m'en vais sur la pointe des pieds, sans dire un mot , sans faire une seule révérence , lestement , comme l'aurait fait mon grand-père ; je veux dire comme un vrai Françiis. Allons, allons, ne me saluez pas. Je pars. — Je suis parti.

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