ACTE II , SCENE I. 2 l f
Ohl c'est une autre affaire ; mais la reserve de ma cousine retardera ce moment ; et comme je serai toujours pre'sente à l'entretien , j'espère mener la chose de manière que votre parole vous sera rendue , et que je pourrai disposer de mon cœur.
M. DE LA MOBLIÈRE.
Allons, si mon gendre futur est dupe à ce peint , il faut convenir que ce n'est pas un Françaisj car un Français est le plus pénétrant des hommes.
SOPHIE
En conscience, mon père, voudriez-vous donner votre fille à un homme qui lui préférerait un manne* quio ?
M. DE LA MORLIÈRE
Non assurément. Et tu crois qu'il est à ce point insensible au charme de ta conversation ? Cependant madame de Sévigné, madame de la Fayette étaient des personnes, à ce que m'a dit mon grand-père.. <..
SOPHIE
M. d'Eryille voudrait réduire les femmes au rôle le plus nul.
M. DE LA MORLIÈRE
C'est bien sévère, pour un homme si léger.
SOPHIE
La vanité est, à certains égards, bien plus sévère que la vertu.
M. DE LA MORLIÈRE
Allons, je ne m'en mêle plus. S'il yieiît me demaa-
2lîi LE MANNEQUIN.
der ma nièce en mariage, alors tout est dit, et tu épouseras ton peintre ; sinon, tu signeras ce soir ton contrat avec M. d'EryJlle.
Ce soir !
Adieu.
M. DE LA. MOULIëRC.