‹ Essais dramatiquesChapitre 130 sur 195 · SCENE I · texte numérisé non relu

SCENE I

M. DE LA MORLIÈRE et SOPHIE.

M. CE LA MORLICBE.

Mais, ma fille, lu es folle. Je ris, j'en conviens, de ton idée : elle est plaisante ; mais il est impossible qu'elle réussisse.

SOPHIE

Vous verrez qu'elle réussira.

M. DE LA MORLIEBE.

Quoi i M. d'Erville prendra le mannequin d'un peintre pour ma nièce ?

SOPHIE

Je le placerai derrière ce rideau , où je dessine quand Frédéric m'aide à copier votre buste.

M. DE LA MORLIÈRE

Comment? là! Voyons. — Et qui donc est là? fil salue et Sophie aussi.J Par quel hasard as-tu donc des visites chez toi à présent? On a peut-être entendu ce que je te disais.

SOPHIE

JVon, mon père, je vous l'assure.

M. DE LA MORLIÈRE

Cette dame a l'air mécontente de ce que tu l'as fait attendre.

SOPHIE

Mon père , cette dame est très-paci6que , et nous nous raccommoderons bientôt.

M. DE LA MORLIERE.

Madame , auriez-vous quelque chose k dire à ma

fille ? Et que diable I elle ne répond pas I — Va

donc lui parler. — Tu risl mais y penses-tu donc ? à qui en as-tu?

SOPHIE

Eh bien! mon père, vous voyez que M. d'Erville pourra bien s^ tromper.

M. DE LA MORUÈrE.

Gomment! c'est le mannequin!

SOPHIE

Oui , mon père.

M. DE LA MORLIÈRE

Oh! par exemple, c'est inconcevable. Mais en6n, quand ma pre'tendue nièce ne parlera pas ?

SOPHIE

M. d'Erville prendra son silence pour de l'admiration.

M, DE LA MORLIÈRE

Mais quand il voudra savoir s'il en est aime?

SOPHIE

Il fera la demande et la réponse.

M. DE LA MORLIÈRE

Enfin s'il lui prend la main, ne sentira-t-il pas qu'elle est de carton ?

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