ACTE lï, SCENE IV. li I J
En éles-vous bien sûr?
LE COMTE
Je le serai quand je l'aurai vue.
SOPHIE
Eh bien! monsieur, comn:ie sa fortune est beaucoup plus considérable que la mienne...
LE COMTE
Ah l vous dites là précisément ce qui m'empècliera de rendre à monsieur votre père sa parole. SOPHIE , à part.
( Ah I ciel , qu'allais-je faire ? ) Vous êtes trop gcnéreux, monsieur le comte; la dot considérable de ma cousine, et qui doit être payée comptant, n'o.'î: point du tout , je le pense , une raison pour que votr" délicatesse vous défende de la demander en mariage ; car je ne pourrais m'unir à vous qu'en étant sûre de posséder votre cœur sans partage ; et si vous ne sentez pas une passion pour moi qui vous rendit hcureuT dans la misère et dans la solitude , de grâce , monsieur, ne m'épousez pas , ne m'épousez pas.
LE COMTE
La misère et la solitude, mademoiselle? maïs s&vez-vous bien que c'est affreux? Auriez-vous, par hasard, l'idée que cela pût nous arriver? dites-le moi naturellement.
SOPHIE
C'est une supposition qu'il faut toujours adme'îre quand on s'aime.
LE COMTE
Ah! que dites-vous là ? Et TOtre cousine fait-elle aussi cette supposition ?
SOPHIE
O mon Dieu non ! c*est une personne qui.... enfin une personne dont il n'y a pas le moindre mal à dire.
LE COMTE
C'est un témoignage d'un grand prix rendu par une rivale.
SOPHIE
Ah I l'expression est un peu forte , et peut-être trouverez-vous par la suite que cette rivalité n'est pas si redoutable que vous croyez.
LE COMTE
Allons; n'y mettez pas d'amertume, je vous en prie; montrez plutôt la générosisé qui vous caractérise. Vous autres Allemands , vos romans sont pleins de ces sacrifices admirables....
SOPHIE
Que vous me conseillez de faire pour vous.